RMC

Vers un retour des Gilets jaunes? "J'attends que ça pète et j'y vais pour faire bouger les choses"

Face à l'inflation galopante, et alors que la ristourne à la pompe du gouvernement doit diminuer, le retour d'une contestation sociale d'ampleur se profile. Certains, comme le député communiste Fabien Roussel, appellent même à la mobilisation.

Va-t-on assister à un retour des Gilets jaunes et d'une nouvelle mobilisation populaire? Même si la colère monte, rien n'est moins sûr face aux échecs des précédentes mobilisations. Le 12 septembre dernier, à l'appel de plusieurs collectifs, ce devait être la rentrée des "Gilets jaunes" face à la hausse des prix, des carburants et la réélection d’Emmanuel Macron. Bilan: 8.500 personnes seulement rassemblées dans toute la France.

Un mois plus tard, c’est Jean-Luc Mélenchon qui lançait un appel aux Français à se rassembler "pour faire plier Macron". Bilan en hausse cette fois avec 30.000 personnes réunies à Paris.

"Pousser par tous les bouts"

Un bilan maigre tout de même face à la mobilisation lors du premier acte des "Gilets jaunes" le 17 novembre 2018, avec 290.000 personnes à travers toute la France.

Pourtant, certains y croient toujours. "Si le gouvernement n’entend pas que la cocotte est en train de bouillir et ne prend pas de décision contre les causes de la spéculation, il faudra pousser par tous les bouts. Et si demain il faut occuper les ronds-points pour dire "stop" et qu’il faut agir, et bien il faut le faire", a appelé ce lundi matin sur France Info Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste et député du Nord.

"J'en ai ras-le-bol"

Jean-Philippe, qui habite dans l'Oise, est en tout cas prêt. "On est le 14 du mois et je n'arrive plus à suivre. Je n'ai pas pu mettre de gasoil ce matin, je n'ai pas pu aller à ma formation", raconte-t-il sur RMC et RMC Story. "J'en ai ras-le-bol, cette fois j'attends que ça pète et j'y vais. Il n'y a que ça pour faire bouger les choses", assure-t-il dans "Estelle Midi".

"J'ai subi un plan social. Pour obtenir des discussions tripartites, il a fallu qu'on casse une préfecture avec les employés de Continental. Pour avoir ne serait-ce qu'un dialogue, il a fallu malheureusement qu'on passe par la violence", raconte-t-il.

"L'Etat nous a ignorés, mais ce n'est plus possible. On se prive, je ne fais rien le week-end et je n'arrive même plus à aller à ma formation", déplore Jean-Philippe. "On met de l'essence pour aller travailler et on travaille pour mettre de l'essence, cela ne tient plus", alerte-t-il.

6,2% d'inflation

Pour Louis Chauvel, sociologue et auteur de "Les classes moyennes à la dérive", on ne peut pas prévoir quand la contestation pourrait exploser mais "plus on attend, plus ce sera douloureux". "Il vaut mieux une série de petits mouvements les uns après les autres", explique-t-il.

"Les gens sont de plus en plus diplômés mais les revenus n'augmentent pas. On est aussi en sortie de Covid-19, les gens sont épuisés, on peut parler de burn-out collectif et la société est fragmentée. Il n'y a pas deux voisins qui ont la même existence et la même situation", estime Louis Chauvel.

Pendant ce temps, l'inflation poursuit sa hausse lentement mais sûrement, à 6,2% en octobre, une augmentation de 0,6 point par rapport à septembre. Et la situation ne risque pas de s'arranger. La ristourne à la pompe mise en place par le gouvernement va se réduire ce mercredi.

G.D.