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Netflix, Spotify… Des astuces pour faire baisser la facture

Des astuces tech au service de notre pouvoir d’achat. Avec Netflix, Spotify, Disney+ ou encore Amazon, les abonnements s’accumulent. Mais il y a des solutions pour faire baisser la facture.

Spliiit, Sharit ou encore Tizzionline… Plusieurs applications se sont lancées sur un créneau très porteur, qui surfe sur une zone grise en termes de légalité: le partage d’abonnement, puisque Netflix et les autres plateformes en ligne permettent d’avoir plusieurs profils sur plusieurs écrans (en théorie, dans le même foyer).

Dans les faits, beaucoup trichent: en France, un tiers des internautes utilise les codes ou les abonnements de personnes de leur entourage pour accéder à des films, des séries, de la musique, au moins une fois par mois. Ces startups ont eu l’idée d’en faire un business, de servir de "facilitateur de partage de compte". Spliiit, par exemple, qui a 500.000 utilisateurs (40.000 de plus par mois), propose de mutualiser, de sous-louer en fait, ses différents abonnements à de parfaits inconnus.

Une sorte de Blablacar pour les abonnements: on s’inscrit, on choisit les services auxquels on est abonné ou auxquels on voudrait s’abonner… Ça va des plateformes de streaming aux abonnements de journaux, de salles de sport, où on contrôle rarement votre identité à l’entrée… Et vous allez vous retrouver à partager identifiants et mots de passe. Si vous êtes le propriétaire du compte, on va vous payer quelques euros pour utiliser une de vos sessions Netflix. Et à l’inverse, vous pouvez vous incruster sur le compte d’une autre personne, moyennant quelques euros.

Pour le prix d’un abonnement, vous allez en avoir trois ou quatre. Facile pour faire des économies. Un risque quand même: en termes de sécurité, puisque vous partagez un mot de passe, il faut absolument que ce mot de passe soit unique, et pas celui que vous utilisez pour votre banque par exemple…

Des abonnements partagés moins chers

Mais au final, est-ce légal ou pas ? On est dans une zone grise. Quand on lit les conditions générales d’utilisation des plateformes, on n’est clairement pas censé sous-louer un compte. Le multi-écrans n’est autorisé qu’au sein d’un même foyer. On ne peut pas partager avec n’importe qui, même avec quelqu’un de sa famille qui habite à l’autre bout de la France.

En théorie… Car en pratique, c’est largement toléré par les plateformes. En tout cas, pour l’instant. Mais ça pourrait vite changer. Tant que ces plateformes étaient en croissance, elles l’acceptaient plus ou moins. Mais Netflix commence à perdre des abonnés. 100 millions de foyers, soit un tiers des clients, partagent leurs mots de passe et leurs identifiants.

Du coup, ils cherchent à lutter contre le phénomène. En Amérique du Sud par exemple, ils tentent de monétiser ces abonnés fantômes, en proposant des abonnements partagés hors du foyer pour beaucoup moins cher qu’un abonnement normal. Vous allez payer 3 à 4 euros pour avoir accès au compte d’un ami. Une expérience qui pourrait aussi arriver en France. Bref, en utilisant ces services, vous, l’utilisateur, ne courrez pas un grand risque. Ces sites et applications, en revanche, peuvent prendre la foudre des plateformes à tout moment.

La publicité va arriver sur Netflix

Une autre solution, c’est un abonnement moins cher, en échange de publicité. Ce sera bientôt une option sur Netflix, qui veut faire évoluer son modèle économique. En proposant d’ici un ou deux ans, en plus de l’abonnement classique, des abonnements moins chers, mais adossés à de la publicité.

Un vrai retournement de situation, car Reed Hastings, le patron de la plateforme, a toujours dit qu’il détestait ce modèle. Mais il s’est rendu compte, dit-il, que ça fonctionnait plutôt bien chez ses concurrents. Et alors que le nombre d’abonnés baisse, tous les moyens sont bons pour toucher un nouveau public, plus sensible au prix…

Anthony Morel