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Une nouvelle intelligence artificielle qui a réponse à tout va faire de l'ombre à Google

C'est un mélange de Google et Wikipédia. Une nouvelle intelligence artificielle, constituée d'une base de données gigantesques, fait preuve d'une créativité encore jamais vue.

C’est l’innovation de l’année, et il faut le tester pour le croire? ChatGPT, une intelligence artificielle à laquelle on peut demander n'importe quoi et qui a réponse à tout, prend la forme d’un chatbot, un agent conversationnel. Une boîte de dialogue à laquelle on peut poser des questions et qui va y répondre dans un langage complètement naturel en allant chercher dans une base de données gigantesque.

Et les résultats sont d’un réalisme et d’une précision hallucinants. Quelques exemples concrets, vous lui soumettez un sujet de dissertation de philo, une rédaction, un problème de maths et il fait le boulot en quelques secondes. Il écrit un texte cohérent de A à Z, répond à un problème en vous expliquant la démonstration. Je lui ai proposé les sujets du bac philo de l’an dernier “Discuter, est-ce renoncer à la violence ?”, et il m’a pondu un essai tout à fait correct en quelques secondes. Le plus diabolique, c’est que si vous lui posez deux fois la même question, il écrit une autre dissertation, sur le même thème. Impossible de voir qu’on a triché.

Cette intelligence artificielle fait preuve de créativité comme imaginer une scène de votre série préférée par exemple, et l’écrire en prenant en compte le caractère et la façon de parler des personnages. Ou encore inventer une fin alternative à Game of Thrones, ou une histoire pour vos enfants, qui raconte les aventures d’un écureuil perdu dans la forêt.

Elle peut aussi s’adapter au niveau de la personne qui lui parle en fonction de si on lui demande d’expliquer à un enfant de 4 ans ou “comment répondre à un enfant qui demande si le père noël existe vraiment”. Il va prendre le ton qu’on prend quand on parle à un enfant. Il peut même faire de l’humour, de la parodie, imiter le style d’un écrivain, d’un chanteur.

Quelles sont les applications concrètes qu’on peut imaginer pour cet outil dans la vraie vie ? Déjà, Google a du souci à se faire. Les résultats sont infiniment plus précis et plus complexes que sur un moteur de recherche, où on est souvent frustré par les réponses. Là, on a l’impression que c’est un être humain, pas un ordinateur qui nous répond.

Y a-t-il un risque?

Et puis ce genre d’outil va être une révolution dans tout un tas de métiers. Les services d’assistance en ligne, services d’abonnement, de SAV. Vous pourrez discuter avec ces machines comme vous le faites aujourd’hui avec un téléconseiller, sans même vous en rendre compte. Plein de métiers vont y trouver une aide. Des développeurs informatiques qui demandent d’écrire du code ou de le corriger, avec une précision redoutable. Des directeurs marketing qui demandent d’élaborer une aide sur une stratégie d’entreprise. Même pour nous les journalistes. Je dois interviewer Tim Cook, quelles questions je devrais lui poser ? Il me fait une liste de 10 questions, certaines assez banales, d’autres assez pertinentes…

Cette machine a tout de même reçu des limites. En théorie, il ne peut pas répondre à des questions illégales ou immorales telles qu'explique-moi comment on fabrique des explosifs” par exemple. Le problème, c’est que certains ont déjà trouvé des moyens de contourner.

Le vrai danger, c’est le fait d’effacer la frontière homme/machine. Il faut être clair, les réponses, aussi réalistes soient-elles, ne sont que la synthèse d’une masse de données qu’on lui a fait ingurgiter. L’IA n’a pas de compréhension de ce qu’on raconte. Le risque, c’est d’y croire un peu trop, de s’attacher émotionnellement, de faire une confiance aveugle à la machine.

Anthony Morel