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"C'est un produit qui est nocif pour le cerveau": peut-on interdire l'accès au protoxyde d'azote utilisé comme gaz hilarant?

Le protoxyde d'azote serait à l'origine d'un grave accident de la circulation en plein Paris mardi qui a fait 4 blessés graves.

Le protoxyde d’azote a-t-il encore fait des dégâts en plein Paris ? Mardi soir, quatre personnes ont été grièvement blessées sur les Champs-Elysées, fauchées par une voiture folle. Selon les premiers éléments, la conductrice aurait consommé du gaz hilarant inhalé via une bondonne de protoxyde d’azote, ce qui lui aurait fait perdre le contrôle et percuter les victimes.

Depuis quelques années, certains font un usage détourné de ces bonbonnes. Ces cartouches utilisées normalement en cuisine pour les siphons à chantilly, voient leur usage détourné : inhaler du protoxyde d'azote provoque des fous rires pendant quelques secondes.

Mais cela n'est pas sans danger : à forte dose, le protoxyde d'azote peut provoquer des troubles respiratoires ou neurologiques et parfois même provoquer la mort. Depuis mars 2021, sa vente est interdite aux mineurs : "La difficulté c’est un produit d’usage courant. Mais la loi que nous avons voté permet des sanctions envers ceux qui incitent à l’usage détourné", rappelle sur RMC Valérie Six, députée UDI du Nord et rapporteur de la loi.

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Près de 50 morts en quelques années?

Le protoxyde d’azote peut également s’acheter sur internet, empêchant tout contrôle des autorités : "Je ne suis pas derrière tous les sites", déplore l’élue qui évoque des personnes consommant parfois jusqu’à 400 bonbonnes en une journée, avec des effets neurologiques graves. "La loi telle qu’elle a été promulguée oblige désormais les fabricants de bonbonne à écrire que c’est un produit dangereux", ajoute-t-elle.

Insuffisant pour l’instant pour limiter son utilisation. Alors pourquoi ne pas demander aux industriels de changer la formule et éviter cette utilisation détournée ? "C’est ce que nous avons demandé. Maintenant nous attendons un décret d’application sur les quantités à vendre", assure Valérie Six. "Il faut empêcher d’en acheter en quantité importante", alors que l’on peut acheter en gros, jusqu’à 600 bonbonnes pour 200 euros seulement.

Selon Valérie Six, environ 50 personnes seraient mortes en quelques années, en France après avoir inhalé du protoxyde d'azote de manière récréative.

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G.D.