RMC
INFO RMC

L'enquête RMC : à qui profite l'inflation sur le prix des jouets de Noël ?

Noël coûte plus cher cette année, vous l'aurez constaté si vous avez déjà commencé vos courses de cadeaux, en particulier sur les jouets. Y a-t-il des profiteurs d'inflation ?

6%, c'est l'augmentation du prix des jouets en moyenne, cette année. C'est un pourcentage équivalent à celui de l'inflation, on pourrait donc se dire que le secteur edu jouet est logiement touché comme tous les autres. Sauf que ce chiffre n'est qu'une moyenne, et cache parfois des augmentations qui ne se justifient pas.

Il est parfois difficile d'y voir clair, car la moitié des produits des magasins de jouets sont renouvelés entre chaque Noël. Mais certains clients ont l'œil :

"J'ai constaté des augmentations assez importantes. Tout ce qui est Lego, Duplo, comme j'ai l'habitude d'en acheter pas mal. J'ai vu des augmentations de 15, 20%. C'est quand même relativement important" s'étonne David, rencontré dans un magasin avec ses deux enfants, alors que ceux-ci sont en plein repérage entre les pirates et les pompiers. "Sur toute cette partie j'ai constaté des hausses. Là c'est passé de 45 à 55€, là de 69 à 79€..."

Les Lego sont un bon exemple, +15% en moyenne. La marque nous indique répercuter sur un quart de ses produits la hausse du prix des matières premières : ce'est du plastique, donc du pétrole, qui augmente lui aussi. Mais selon certains spécialistes, Lego comme Playmobil ou encore Barbie surfacturent, car ils savent qu'ils sont en position dominante sur le marché.

Explication de Franck Mathais, porte-parole de l'enseigne Joué Club :

"Ils jouent de leurs positions de leaders sur un marché. Ils ont décidé de faire des hausses qui peuvent être plus conséquentes que ce qu'on a en moyenne dans nos magasins. Mais pour autant, la demande ne faiblit pas sur ces marqueslà. On voit bien que les consommateurs sont prêts à payer un peu plus chers ces jouets, qui sont iconiques, fortement demandés par leurs enfants. C'est effectivement un phénomène dont les marques peuvent profiter pour ajuster leurs tarifs en fonction de l'évolution des coûts-matière."

C'est aussi le cas pour certains jeux de société très connus, comme Scrabble ou Monopoly, pour profiter de l'engouement pour ces produits depuis le confinement.

Le coût du transport augmente aussi

C'est ce qui explique que les jeux en bois coûtent plus cher, car la matière première a pris 34% en un an. Pour prendre l'exemple le plus connu, le baril de 200 Kapla est passé de 37 à 45€. Et avec la hausse du prix du baril de pétrôle, le coût du transport augmente aussi. La plupart des jouets viennent d'Asie, et les acheminer par container est trois fois plus cher qu'en 2019.

Résultat : plus les objets sont gros, moins ils sont rentables à transporter. Les grosses peluches, par exemple, se raréfient. Elles coûtent donc 25% plus cher, et finalement, le made in France tire son épingle du jeu, comme pour Pioupiou et compagnie. Cette entreprise a relocalisé depuis cette année sa production de peluches géantes dans le Maine-et-Loire, et propose le nounours d'un mètre à 50€ au lieu de 80€ s'il avait été fabriqué en Chine.

Mieux vaut acheter en magasin que sur Internet

Dans les magasins, la commande est faite au premier semestre de l'année pour des raisons logistiques. Ainsi, les prix peuvent être mieux maîtrisés. Joué Club se targue d'ailleurs de n'afficher que 3,6% d'inflation.

"Certes les prix sont contrôlés, mais il y aura peut-être une possibilité de ne pas orcément trouver le jeu ou le jouet qu'on veut. C'est d'autant plus remarquable sur Internet, puisqu'on a pu voir que plus on s'approchait de Noël, plus les prix des produits disponibles en ligne augmentaient. Il ne faut pas s'y prendre à la dernière minute, parce que vous allez sans doute payer le prix fort si vous achetez en ligne", commente Lionel Maugain, journaliste chez 60 Millions de consommateurs.

Par exemple, la Playstation 5 est en rupture de stock chronique. Certains revendeurs n'hésitent pas à l'afficher à 1000€, alors que son prix conseillé est de 550€.

Pierre Bonneyrat