RMC

30 ans de la mort de Serge Gainsbourg: "Aujourd'hui il se retrouverait en correctionnelle, je n'aime pas notre époque!"

RMC
L'avocat Gilles-William Goldnadel estime que les paroles de Serge Gainsbourg tomberait aujourd'hui sous le joug de la loi. Une situation qu'il impute au puritanisme de l'époque moderne et qu'il regrette.

Cela fait 30 ans jour pour jour que Serge Gainsbourg, icône de la musique française disparu. Le 2 mars 1991 il s’éteignait laissant derrière lui une empreinte musicale, et une image contrastée qui continuent de marquer aujourd’hui. Car la star de la musique est également connue pour les paroles de certaines de ses chansons. Si sa reprise de La Marseillaise en version reggae lui attira les foudres de l'armée, d'autres chansons plus sulfureuses choquèrent à l'époque et auraient sûrement provoqué un énorme tollé aujourd'hui.

"C'était une époque où ce genre de paroles pouvaient être considérées comme bien écrites, subversives à l'époque mais n'auraient pas pu sortir aujourd'hui", déplore Joëlle Dago-Serry, évoquant la chanson Lemon Incest, interprété par Serge Gainsbourg et sa fille Charlotte. "Tu as l'air de considérer comme acquis et sans déplorer le fait que l'on vive dans une période où l'on ne peut plus chanter ce que l'on veut", répond de son côté l'avocat Gilles-William Goldnadel, déplorant que cette chanson puisse gêner si elle sortait aujourd'hui certains.

>> A LIRE AUSSI - Jean-Pierre Pernaut défend PPDA sur RMC: "Son bureau était au milieu de la rédaction de TF1: s'il s'y était passé des choses, on l'aurait su"

"Ce qu'on a perdu, c'est le libre-arbitre"

"C'était une époque où la liberté avait du talent. Gainsbourg faisait confiance à l'intelligence des gens et instrumentalisait les cons. Il y a une volonté de choquer qui s'attache à respecter l'intelligence des gens. Ce qu'on a perdu, c'est le libre-arbitre. Il y a toute une caste de gens qui estime que tu ne peux plus avoir de libre-arbitre. A ce moment-là, on n'a plus de subversion, on n'a plus rien", regrette de son côté le médecin Jérôme Marty.

A contrario, Joëlle Dago-Serry déplore également qu'on n'accepte pas que certains puissent se sentir gênés par les paroles de certaines chansons.

Pour Gilles-William Goldnadel, c'est toute l'époque moderne qui est déplorable: "Je déplore que certaines de ses chansons l'emmènerait aujourd'hui en correctionnelle. Je suis en deuil de cette époque de liberté et je n'aime pas notre époque", fustige-t-il.

G.D.