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Affaire Théo: "les gens de banlieue ne supportent plus d’être dans les médias que quand ça va mal"

Dimanche à Argenteuil, onze personnes dont huit mineurs ont été interpellées. Un chauffeur de bus a été blessé et un journaliste agressé. Des incidents "sans doute" liés à l’affaire Théo selon les policiers. Pour la Grande Gueule Sylvain Grandserre, les cibles de ces violences sont les représentants d’une institution qui est complètement rejetée.

A 17 heures 30 dimanche, une cinquantaine de jeunes se sont regroupés sur la dalle d'Argenteuil. Suite à un appel sur les réseaux sociaux, les jeunes se sont attaqués à des voitures avant de caillasser un bus. Le chauffeur a été blessé au visage, avant que les casseurs s’en prennent à un journaliste de BFM Paris.

Pour la Grande Gueule Sylvain Grandserre, les médias représentent une institution rejetée. Il explique que la haine envers les journalistes est aussi liée à leurs comportements. "J’ai vécu l’affaire dramatique de Saint-Etienne-du-Rouvray, au moment où le père Hamel a été égorgé. C’est vraiment impressionnant de voir les médias débarquer. Tant que l’on ne l’a pas vu, on n’imagine pas. Il ne manquait plus que l’hélicoptère, ils arrivent à une vitesse folle. Il y avait des médias belges, allemands, des reporters de tous les pays. Et puis d’un seul coup, ils s’en vont".

Pour changer les choses, il faut selon lui créer un lien sincère entre les institutions et la banlieue. "Moi je crois que c’est tout l’inverse qu’il faut faire. Il ne faut pas boycotter les banlieues. Il faut s’y implanter et avoir une relation apaisée et non pas hystérique. Les gens de banlieue ne supportent plus d’être dans les médias uniquement quand ça va mal. Il faut imaginer ce que c'est de ne jamais voir d’initiatives positives, de choses constructives misent en avant. Et puis il y a une fascination médiatique pour les voitures brûlées. Ça donne une facilité pour les jeunes à passer dans les médias en faisant des choses très bêtes."

"Il faut une restitution de la réalité des banlieues"

"Toute forme d’institution, d’autorité est rejetée: pompiers, médecins, professeurs, policiers, peu importe. Il faut vraiment, au lieu de les boycotter, implanter les banlieues. Il faut y vivre au quotidien, qu’il y ait une restitution de la réalité, de la banlieue, dans toute sa complexité positive et négative. Il ne faut pas seulement débarquer sur un fait divers et repartir" explique l'instituteur. 

Les Grandes Gueules avec A. B.