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Avant l'affaire Théo, Alexandre accuse lui aussi la police de l'avoir violé

Témoignage RMC - L'histoire d'Alexandre ressemble de façon troublante à celle de Théo. En octobre 2015, Alexandre a eu une grave blessure à l’anus par la matraque d’un policier municipal de Drancy en Seine-Saint-Denis. Dans  son cas pourtant, la justice n’a pas reconnu le viol.

C'était il y a presque un an et demi. Alexandre se souvient parfaitement du moment où son interpellation musclée par la police municipale de Drancy pour tapage nocturne a dégénéré. "J'avais les mains menottées dans le dos. Je vois les sièges rabattus, je dis que je rentre pas dans la voiture, que je ne suis pas un chien. Quand j'ai la moitié du corps dans la voiture, je sens la pénétration de la matraque qui rentre dans mes fesses. C'était une douleur atroce, j'ai crié". Une histoire qui rappelle l'affaire Théo, qui secoue les banlieues depuis plusieurs jours.

Alexandre a eu dix jours d'interruption de temps de travail mais lorsqu'il a repris son emploi de couvreur dans le bâtiment, son corps n'a pas suivi. "J'ai porté une bouteille de gaz, la plaie s'est rouverte, et mon patron a dit qu'il ne pouvait pas me garder, aujourd'hui même j'ai toujours des saignements. Le médecin qui m'a ausculté m'a dit que j'avais une ouverture anale de 1,5 centimètre, qu'il fallait un, deux ou trois points de suture".

"Je vois un psychologue, je dors toujours la porte ouverte"

A la douleur physique s'ajoute la douleur psychologique elle aussi toujours présente. "Je vois un psychologue, je dors toujours la porte ouverte, quand j'entends des bruits dans mon hall je me réveille". 

Le policier conteste avoir introduit la matraque qui portait pourtant l'ADN d'Alexandre Le procès a eu lieu pour violences et non pas pour viol, incompréhensible pour l'avocate d'Alexandre Marie-Cécile Nathan, compte tenu de la mise en examen du policier pour viol dans l'affaire Théo. "Pour moi c'est absolument anormal, on a des faits qui sont similaires, mais on a deux choix de qualifications différentes, on a l'impression effectivement que c'est un peu à géométrie variable", explique l'avocate. La justice rendra sa décision dans une semaine dans l'affaire d'Alexandre, il espère qu'elle décidera de rejuger son agresseur, cette fois pour viol.

Claire Andrieux et Pierre Gallaccio (avec A.M.)