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Affaire Tony: "On n’est pas obligé de donner son nom", Etienne Liebig encourage à signaler les situations préoccupantes

Deux fois la maman de Tony aurait pu donner l’alerte et se confier pour appeler à l’aide, deux fois elle a préféré taire les violences que faisait subir son compagnon à son fils.

“J’avais peur de cet homme”. Ce sont les mots prononcés par la mère du petit Tony, tué en novembre 2016 par les coups de son beau-père. La mère est accusée de ne pas avoir dénoncé les agissements de son conjoint.

Une situation qui n’est cependant pas isolée dans les affaires familiales. Mais pour Etienne Liebig, la peur ne peut pas être une excuse. 

“Il y a dans chaque département un centre de recueil des informations préoccupantes. On peut téléphoner, c’est le 119. C’est un appel qui peut être anonyme, on n’est pas obligé de donner son nom. On peut aussi faire un signalement en passant par n’importe quelle assistante sociale. On ne donne pas obligatoirement son nom donc pour tous les gens qui ont peur des représailles tout ça. Et dès qu’il y a ce signalement il y a aura une enquête”, indique-t-il.

Selon lui, c’est un devoir de citoyen. “Il est inconcevable que nous ne soyons pas formés à repérer ces gamins qui sont en souffrance physique ou psychologique. On ne peut pas se dire chacun chez soit, ou c’est son gosse, il fait ce qu’il veut avec. Il faut sortir de ça”, assure-t-il.

"Se mêler des affaires des autres"

Dans cette affaire, plusieurs fois, la mère aurait pu donner l’alerte. Mais elle ne l’a pas fait. Au contraire, elle a même menti en disant que son fils était tombé ou s’était cogné pour justifier les bleus.

Mais pour Etienne Liebig, d’autres auraient sans doute aussi pu le faire. 

"Ce gamin ne vivait pas sur une île déserte. Il va à l’école. Là, je pense qu’il y a un vrai problème. On entend tout le temps ‘je ne me mêle pas de la vie du voisin’. Et bien si, il faut se mêler de la vie du voisin”, assure-t-il.

Le beau-père du petit Tony encourt 30 ans de réclusion criminelle, tandis que la mère risque cinq ans de prison pour “non-assistance à personne en danger”.

Guillaume Descours