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"Il n'y avait pas de quoi nourrir un enfant": les confidences terribles des enquêteurs de l'affaire du petit Tony

Le quotidien de l’enfant de trois ans - battu à mort par son beau-père - était au coeur de ce premier jour de procès.

Pourquoi et comment la situation a-t-elle pu tant dériver? Plus de quatre ans après la mort de Tony, le procès de son beau-père et de sa mère s'est ouvert lundi. L’enfant de trois ans avait été battu à mort par son beau-père qui lui avait fait vivre des semaines de calvaire sous les yeux de sa mère qui n’avait alerté personne. 

L'enfant de trois ans est mort suite aux coups portés par son beau-père qui lui a fait vivre un calvaire de violence et de maltraitance pendant plusieurs semaines sous les yeux de sa mère qui n'a alerté personne. Tony avait succombé à une rupture de la rate et du pancréas, liée à des coups dans l'abdomen. De très nombreux hématomes avaient également été relevés. Le père biologique de Tony et sa grand-mère ainsi que plusieurs associations de protection de l'enfance seront parties-civiles au procès.

Son beau-père, Loïc V., 28 ans, est poursuivi pour "violences ayant entrainé la mort sans intention de la donner sur un mineur de moins de 15 ans" et "violences habituelles". Sa mère, Caroline L. est, elle, jugée pour "non-dénonciations de mauvais traitements" et "non-assistance à personne en danger". 

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"Décor hanté"

Au premier jour du procès, les conditions de vie dramatiques de l'enfant ont été détaillées par les enquêteurs. On y découvre un "décor hanté": la chambre de Tony est sale, sans jouets, dans la cuisine, explique un policer venu témoigner.

"Il n'y avait pas de quoi nourrir un enfant" souligne-t-il. Effroyable photographie d'un domicile, où les traces de sang de l'enfant sont partout, des toilettes au salon. "En 20 ans de carrière, c'est la première fois que je traite une affaire aussi dramatique et aussi violente", a témoigné le Brigadier chef à la brigade des mineurs au commissariat de Reims. 

Dans son box, Loïc Vantal, le beau-père, écoute impassible: s'il reconnait les faits dès le début de l'audience, contrairement à la mère de l'enfant. Celle-ci, livide tout au long de la journée, finira par faire un malaise, au moment où le médecin légiste faisait état des 23 lésions retrouvées sur la tête de son fils.

Le beau-père de Tony risque jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle. Sa mère risque elle jusqu’à cinq ans de prison pour non-assistance à personne en danger et non dénonciation de mauvais traitement. 

Alertés par cette dernière, alors âgée de 19 ans et qui évoque une chute de l'enfant, les secours découvriront Tony dans un état "particulièrement grave", porteur de "nombreux hématomes". L'enfant décèdera à l'hôpital d'un éclatement de la rate et du pancréas datant de 48 heures.

Alfred Aurenche