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"C'est la famille du médecin et de la directrice qui d'abord été vaccinés": des "passe-droits" dans la vaccination?

La réticence de certains soignants à se faire vacciner commence à irriter certains Français, à milles lieux d'obtenir le précieux sérum. Mais une auditrice des "Grandes Gueules"  fait état de "passe-droits", et de vaccination de personnes non-prioritaires.

Le vaccin britannique AstraZeneca, utilisé pour vacciner le personnel soignant français ne connaît pas le succès espéré. Selon le ministère de la Santé, seulement 25% des doses reçues ont été utilisées, contre 70% en moyenne pour les autres vaccins. Un taux faible qui s’explique par la réticence de certains soignants à se faire vacciner, par peur des effets secondaires mais aussi par crainte d’une efficacité limitée.

Une réticence qui commence à irriter alors que la vaccination n’est pas ouverte à toutes et à tous et que seuls 3,1 millions de Français ont été vaccinées au 2 février: "Comment du personnel soignant, au contact de patients intubés qui finissent par décéder dans des conditions atroces, ne soient pas plus choqué que ça. Le risque du vaccin par rapport à ça est quand même minime", déplore ce jeudi sur le plateau des "Grandes Gueules" Johnny Blanc avant d'avertir le personnel soignant réfractaire. 

"Méfiez-vous : vous avez été applaudis aux fenêtres mais tout le monde veut se faire vacciner mais on n’y a pas accès. Vous, vous y avez accès et ne voulez pas le faire, c’est assez moyen".

De quoi passer des applaudissements aux sifflets ? Pas si sûr mais Johnny Blanc ne comprends pas cette réticence: "Si vous n’en voulez pas, donnez-le-nous. Vaccinons quelqu’un d’autre et que cela avance. L’Angleterre a vacciné avec l’AstraZeneca et il n’y a pas eu de problèmes dus aux effets secondaires", ajoute-t-il.

Pour l'avocate Marie-Anne Soubré, le refus de se faire vacciner pourrait à l'avenir conduire des soignants au tribunal: "Ils mettent la vie des patients en danger. Il y a un temps pour tout et il y aura le temps des avocats et des juges. A un moment les soignants vont être placés face à leur responsabilité. Il y a toujours des procès dans les cas d’infections nosocomiales. Prenons nos responsabilités".

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"S’ils sont condamnés ce sera bien fait pour eux !"

"Pourquoi il y a des vaccins plus obligatoires pour les soignants dans les hôpitaux? parce qu’on sait que les établissements hospitaliers sont des lieux de contaminations. Des procès, il y en aura, s’ils sont condamnés, ce sera bien fait pour eux !", lance-t-elle.

Mais Myriam, infirmière en Ehpad et favorable à la vaccination avance d'autres raisons qu'une réticence à la vaccination pour expliquer la faible utilisation du sérum d'AstraZeneca:

"Je ne sais pas sur quoi vous affirmez que les soignants sont contre la vaccination. Je suis infirmière en Ehpad, on a reçu pléthore de doses. Nos résidents on leur a arraché le consentement en les convaincant. Les vaccins sont arrivés, le jour de la vaccination on a vu débarquer la famille du médecin, la famille de la directrice se faire vacciner pour des doses supplémentaires. On aurait été bien contentes d’avoir accès à ces vaccins à ce moment-là", déplore-t-elle.

En attendant, le gouvernement tente de faire baisser ses stocks. Avec la nouvelle autorisation donnée aux médecins généralistes de vacciner et l'extension de l'utilisation du vaccin AstraZeneca aux personnes âgées de 65 à 74 ans avec comorbidités, la dynamique pourrait repartir à la hausse.

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G.D.