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Ces Français en détresse face aux nouvelles restrictions sanitaires: "J'essaie de survivre moralement, je me suis mise à l'alcool"

Confinement imminent : comment le faire accepter?

Confinement imminent : comment le faire accepter? - AFP

TEMOIGNAGES RMC - De nombreux Français, parfois très jeunes, souffrent des restrictions sanitaires alors que le processus s'est renforcé jeudi avec l'extension du couvre-feu.

Après deux confinements, la France renforce à nouveau ses mesures malgré le début de la campagne de vaccination. Car le variant anglais du Covid-19 menace le pays qui maîtrise pour l'instant l'épidémie. Conséquence, Jean Castex a annoncé jeudi l'extension du couvre-feu à 18h et l'arrêt des activités scolaires et extra-scolaires pour les écoliers malgré le maintien de l'ouverture des établissements scolaires.

Mais pour certains Français, ces restrictions sont celles de trop: "J’ai quatre enfants de 16,14,10 et 9 ans. Ils sont parqués dans des enclos, on les sépare. A la cantine tout le monde mange ensemble dans le même réfectoire, le sport c’est toutes les écoles ensemble. Personnellement je m’en fiche, je veux que mes enfants soient bien. J’essaie de maintenir ma famille. J’essaie de survivre, mais moralement, je suis au bord des larmes", déplore ce vendredi sur le plateau des "Grandes Gueules", Elisabeth, une auditrice.

"Il faut arrêter de sacrifier une future population pour 0,05% de morts, il faut vivre !"

"C’est une génération sacrifiée. Il y a des jeunes en université qui sont en train de se tuer. Moi mes enfants je fais tout pour qu’ils se maintiennent, ils n’ont plus le droit de faire du sport. Moi je n’en fait plus depuis six mois je me suis mis à l’alcool. C’est la réalité. On veut quoi, que nos gamins se sacrifient? Il faut arrêter de sacrifier une future population pour 0,05% de morts, il faut vivre !", appelle-t-elle.

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Et les troubles psychologiques touchent également les plus jeunes: "L'isolement et la précarité conduisent à des idées noires. J'exerce dans différents groupes scolaires et il y a même des enfants de 8 ans qui pensent au suicide. Il y a des ados qui se scarifient, d'autres qui passent à l'acte en ingérant de la soude", expliquait sur RMC une infirmière scolaire.

Les chiffres sont alarmants : les hospitalisations pour troubles de l’humeur, troubles alimentaires ou anxiété ont quasiment doublé par rapport à 2019 chez les plus jeunes. Pour lutter contre l'ampleur du phénomène, Emmanuel Macron a approuvé le lancement, au printemps, d’une enquête sur leur santé mentale des jeunes et des enfants. C'est Santé Publique France qui en sera chargé.

G.D.