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Chant du coq, cigales, cloches: un député veut une loi pour protéger les bruits dans les campagnes

Pierre Morel-À-L’Huissier, député Les Républicains de la Lozère, va déposer sa proposition de loi à la rentrée. Avec cette loi, il souhaite protéger les bruits du milieu rural.

Des cigales qui font trop de bruit l’été dans le sud, un coq qui chante trop tôt sur l’île d’Oléron, ou encore des cloches qui sonnent trop fort dans un village... Les bruits de la campagne et du milieu rural sont de moins en moins tolérés par certains. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à aller devant les tribunaux pour tenter de faire condamner maires et particuliers. 

Face à cette situation, le député des Républicains, Pierre Morel-À-L’Huissier, va proposer une loi à la rentrée. Une loi pour alerter les pouvoirs publics et leur dire: "Attention, on est en train de perdre tout un patrimoine rural".

Pour arriver à cette proposition de loi, le député de la Lozère, explique avoir constaté une multiplication des condamnations de justice sur cette thématique.

"Sur les 10-15 dernières années, il y a eu plus d’une centaine de condamnations. Il faut poser le problème, il faut une proposition de loi qui ouvre un débat et qui permette de mettre en exergue des difficultés. J’essaye de trouver une solution pour créer un inventaire département par département, pour que chacun sache, quand il arrive dans le Gard, quand il arrive en Ardèche ou en Lozère, qu’il y a des traditions, des bruits, des odeurs", explique-t-il. 

Se plaindre, un comportement d'urbain?

Alors qui sont les plaignants qui ne supportent pas les bruits et traditions de la campagne? Selon le député, il ne faut pas systématiquement opposer les néo-ruraux et les ruraux. S’il estime que les gens qui viennent s’installer à la campagne sont souvent moins tolérant, il affirme que beaucoup de touristes se plaignent.

"On a eu un cas en Lozère où un couple de touristes a dit que la cloche de la chapelle les importunait à cinq heures du matin. Sauf qu’elle sonne depuis 1930... Ce n’est pas acceptable", indique le député. 

Pour lui, cette tendance est due à "une inacceptation de l’autre" qui est de plus en plus forte aujourd’hui. 

Face à ces situations, certains maires jouent la carte de l’humour. Comme à Inchy-en-Artiusn dans le Pas-de-Calais, où le maire, Michel Rousseau, a fait poser des pancartes humoristiques à l’entrée de son village. "Attention, village français. Ici, nous avons des clochers qui sonnent régulièrement, des coqs qui chantent très tôt, des troupeaux qui vivent à proximité, certains ont même des cloches autour du cou. Si vous ne supportez pas ça, vous n'êtes pas au bon endroit", peut-on lire sur l’affiche.

Guillaume Descours