RMC

"Le trou dans l’enseignement ne sera pas rattrapé": pourquoi une éventuelle fermeture des écoles divise malgré le Covid-19?

"Estelle Midi" sur RMC et RMC Story

"Estelle Midi" sur RMC et RMC Story - RMC

Le gouvernement se refuse toujours à fermer les écoles. Au grand dam des soignants et des enseignants mais au grand soulagement de nombreux parents.

Toujours pas question de fermer les écoles françaises. Alors que la vaccination continue son lent chemin vers la chimère de l’immunité collective, le nombre de malades du Covid-19 en réanimation continue lui d’augmenter trop rapidement et le nombre de morts quotidien reste à un niveau élevé. Mais le gouvernement fait de la résistance et veut garder les établissements scolaires ouverts, pourtant pointés du doigt comme vecteur de contaminations. Une exception dans l’Union européenne alors que la plupart de nos voisins ont fermé leurs établissements.

Et à l’heure où les mesures régionales ont la côte, les autorités locales tentent de prendre des initiatives. Mercredi, c’est Valérie Pécresse la présidente de la région Île-de-France qui a proposé d’avancer la date des vacances de Pâques. Mais une fermeture des écoles, demandée par de nombreux soignants, ne pourrait rimer qu’avec un confinement strict, ce que veut à tout prix éviter l’exécutif.

Au-delà des considérations politiques et sanitaires, beaucoup de parents estiment impossible de continuer leur activité professionnelle sans école ouverte et l'exécutif assure ne pas vouloir faire revivre le premier confinement strict aux Français: "Il y a le problème du travail. On peut fermer les écoles mais il faut garder les enfants. Si on doit les mettre en centre aéré, ça ne va rien changer. Si au moins tous les grands-parents étaient vaccinés ont aurait pu faire garder les enfants. Ça peut-être une bonne idée mais en pratique c’est très compliqué à mettre en place", juge Johnny Blanc sur le plateau des "Grandes Gueules".

>> A LIRE AUSSI - Les bébés naissent avec des pénis de plus en plus petits: comment l'expliquer?

De la difficulté d'apprendre à distance

Et une nouvelle fermeture des écoles aurait de nouvelles conséquences graves pour les écoliers: : "Ma fille est en terminale. L’année dernière elle a arrêté le lycée début mars, elle n’y est pas retournée. Cette année dans l’indifférence générale c’était censé être la promotion du nouveau bac réformé mais tout le monde s’en fiche. Neuf épreuves sur dix ont été annulées, il reste une épreuve de philosophie et un grand oral", déplore Murielle une auditrice de RMC.

"Le trou de l’année passée dans l’enseignement ne sera pas rattrapé. Il n’a pas été rattrapé, il y aura un manquement. Ces enfants arrivent sur le marché des étudiants l’année prochaine. Cela va être une hécatombe. Ça l’est déjà d’ailleurs, les bacheliers de l’année passée qui sont étudiants aujourd’hui c’est une catastrophe", déplore-t-elle.

En Allemagne, du variant britannique "partout", à la réouverture des écoles

Sandrine, mère de deux petites filles estime qu’un confinement et l’enseignement à distance ne permettent pas un suivi suffisant : "Au premier confinement ça a été la cata. Ma grande fille arrivait à se débrouiller par internet. Sauf qu’on ne nous a pas appelé on nous a rien demandé. Ma petite qui a 6 ans, en CP, en un mois et demi elle a tout perdu. Tous ses acquis étaient perdus. Au second confinement, ça s’est très mal passé pour la plus grande. Malgré l’école, elle a fait une dépression carabinée".

Pour le ministre de la Santé, il n’y a de toute façon pas de bonne ou mauvaise solution efficace : "On ferme les classes quand c’est nécessaire, on sanctuarise l’école. L’Allemagne a fermé ses écoles pendant trois mois, elle les a rouvertes et s’est retrouvée avec du variant britannique partout. Elle les a refermées tout de suite. S'il y avait une solution simple à laquelle personne n’aurait pensé, je pense qu’au moins un pays dans le monde y aurait quand même pensé", a déploré fataliste Olivier Véran sur TMC mercredi.

>> A LIRE AUSSI - Covid-19: le taux de positivité de 0,5% dans les écoles bien en dessous de la réalité?

Guillaume Dussourt