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Les "gilets jaunes", complices des casseurs? "C'est peut-être criminel, mais c'est notre seul argument"

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Le gouvernement a fermement condamné les violences en marge de l'acte 18 des "gilets jaunes" ce samedi. Des déclarations qui divisent chez les "gilets jaunes".

Le Premier ministre Édouard Philippe a jugé "inacceptables" les violences qui ont éclaté samedi sur les Champs-Élysées à l'occasion de l'acte 18 des "gilets jaunes". "Ceux qui excusent ou qui encouragent" de tels actes s'en rendent "complices", a-t-il estimé.

Mais certains "gilets jaunes" ne vient pas les choses de la même façon. Tout en condamnant les actes les plus graves comme les incendies, Romain, chauffeur livreur de 27 ans et "gilet jaune" vivant à Fréjus, accepte d'être considéré comme un complice des casseurs: "Je suis d'accord avec les gens qui ont cassé. S'en prendre aux banques, à l'argent, aux grandes enseignes, c'est peut-être un acte criminel aux yeux de certaines personnes, mais nous les Français moyens qui n'avons pas trop de revenus, c'est notre seul argument. Etre pacifique, ça ne marche pas".

"A Paris, les 'gilets jaunes' ne peuvent pas arrêter les casseurs"

La violence à Paris, Marc, gilet jaune avignonnais ne veut pas y être associé. Il déplore l'impuissance des manifestants parisiens face aux casseurs: "Dans les petites villes, on est capables de les arrêter. Des casseurs comme à Paris sont tellement bien équipés et tellement forts que le 'gilet jaune' lambda ne sera jamais assez puissant pour arrêter ces gens-là".

Virginie, gilet jaune à Thiviers en Dordogne, regrette elle aussi la violence, elle appelle à une remobilisation partout en France: "Il faut que toutes les petits villes dont on entend pas parler se remettent en action".

A Thiviers, les gilets jaunes ont décidé de reprendre les barrages filtrants sur le rond-point principal à partir d'aujourd'hui, pour toute la semaine au moins.

Benoît Ballet