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Procès des attentats du 13-novembre: pourquoi les images des débats ne seront pas accessibles avant 50 ans

Palais de justice de Paris

Palais de justice de Paris - Wally Gobetz / Flickr

Le procès des attentats du 13-novembre 2015 doit être filmé mais les images resteront inaccessibles avant 50 ans. Et il n'y aura pas non plus de retransmission en direct, à part pour certaines victimes.

C’est un procès hors-norme qui doit s’ouvrir mercredi, celui des attentats du 13-novembre 2015 où 131 personnes avaient été tuées par des terroristes de Daesh. Au total, plus de 1800 parties civiles sont attendues et doivent s’exprimer pendant au moins six mois.

Et qui dit procès hors-norme dit moyens hors-norme. Pour la treizième fois en 35 ans seulement, le procès doit être filmé pour constituer des archives historiques, inaccessibles avant 50 ans sauf dérogation. Une web-radio doit être mise en place pour permettre aux victimes qui ne peuvent accéder à la salle d’audience, construite exprès pour l’occasion, puissent suivre les débats.

Une retransmission quasi-instantanée qui déplaît à Me Claire Josserand Schmidt, avocate de parties civiles et invitée des "Grandes Gueules" ce mardi : "La web-radio, j’y suis plutôt opposé. Ce qu’on pourrait revoir, c’est les 50 ans, je serai plutôt pour avoir les images plus tôt".

"La diffusion en direct, je suis contre, un procès aussi saillant que celui-là, ça va être très violent et très dur. Il va y avoir un gros travail d’explication et on ne sait jamais ce qu’il se passe aux Assises. Avoir le son sans l’image sans le contexte, c’est source de malentendus et très violent pour les victimes", explique-t-elle.

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"On redoute qu’un attentat soit commis pendant le procès"

Et même six ans après, et alors que Daesh a été défait par la coalition internationale en Irak et en Syrie, témoigner reste compliqué pour les victimes des attaques. "Les victimes n’ont pas envie de sortir de leur anonymat. Il y a aussi des questions sécuritaires qui se posent de leur côté", assure l’avocate.

"C’est la spécificité du terrorisme. Les victimes ont été plongées dans un monde de violence qu’elles ne quittent pas. Elles restent dans un état de vigilance permanente, pour certaines c’est un vrai challenge de venir à l’audience, elles ont peur. J’ai essayé de les rassurer mais dans ces périodes on redoute qu’un attentat soit commis pendant le procès. Les victimes ont peur que leur nom circule, être à l’image en direct en France et à l’étranger, elles ne sont pas forcément pour", ajoute Claire Josserand Schmidt.

Le procès doit se dérouler pendant au moins 140 journées d'audience prévues jusqu'au 25 mai 2022. Les audiences doivent débuter à 12h30 et ne se tiendront pas en principe les lundis, sauf lors des auditions de parties civiles et des plaidoiries. Quatorze accusés seront présents, dont Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos qui ont tué 131 personnes et blessé des centaines d'autres à Saint-Denis et Paris: onze comparaissent détenus et trois libres sous contrôle judiciaire. Six autres accusés sont jugés par défaut.

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G.D.