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Vieilles voitures interdites à Paris: "Je n'ai pas les moyens de me racheter un véhicule, je serai hors-la-loi"

A partir du 1er janvier les voitures anciennes ne peuvent plus circuler dans Paris dans la journée.

A partir du 1er janvier les voitures anciennes ne peuvent plus circuler dans Paris dans la journée. - Fred Dufour - AFP

Jonathan, un auditeur de RMC a regretté jeudi dans les Grandes Gueules les restrictions sur la circulation dans Paris des véhicules anciens à partir du 1er juillet. Cet habitant du Loiret, amené à se déplacer régulièrement sur Paris compte malgré tout circuler avec son véhicule.

"Je suis motard et automobiliste, à partir de demain je serai hors la loi". Jonathan, chef de cuisine dans le Loiret n'a pas l'intention de renoncer à circuler dans Paris malgré les restrictions sur la circulation des véhicules immatriculés avant 1997 et des deux-roues antérieurs à 2000. A partir du 1er juillet, ces véhicules seront interdits de circuler dans Paris en semaine de 8h à 20h. Jonathan, qui effectue régulièrement des trajets sur Paris est concerné à juste titre: "Ma moto date de 1995 et ma voiture de 1996". Garer sa voiture à l'entrée de Paris et terminer le trajet en métro?

"Ca fait un budget en plus. Je n'ai pas les moyens de me racheter un véhicule et de prendre le métro et le RER", constate cet auditeur.

Jonathan explique par ailleurs être en train de passer des entretiens pour venir travailler à Paris et ne voit pas d'alternatives à la voiture. "Venir en train, ce n'est pas possible compte tenu de mes horaires. Quand je commence à 4h du matin, il n'y a pas de train", fait-il remarquer. Avant 8h il serait autorisé à circuler mais en reprenant la route vers son domicile dans la journée, il prendrait donc le risque d'être verbalisé.

Une mesure "anti-pauvre"?

Même si Jonathan comprend la démarche de la mairie de Paris qui vise à lutter contre la pollution pour lui, "la mise en place n'est pas la bonne".

"Qu'est-ce que madame Hidalgo et même qu'est-ce que l'Etat propose pour des jeunes actifs comme moi?", s'interroge-t-il. 

La mesure, décidée dans le cadre du plan anti-pollution votée par le Conseil de Paris en 2015 a été taxée d'être "anti-pauvre". Une critique que rejette Christophe Najdovski adjoint en charge des transports qui explique dans les Grandes Gueules avoir, avec la mairie de Paris, mis en place des aides notamment pour les artisans.

"On a des mesures qui vont jusqu'à 9.000 euros pour l'achat d'un véhicule électrique d'un véhicule électrique ou GNV (gaz naturel) et ces aides sont cumulables avec les aides de l'Etat. En plus, elles sont doublées par des aides de la région. En additionnant toutes ces aides, on peut avoir un renouvellement de la flotte", défend-il.

Christophe Najdovski rappelle également que le problème de pollution "dû au traffic routier" à Paris touche particulièrement "ceux qui habitent le long des grands axes routier, et ce ne sont pas des personnes riches". Il explique par ailleurs que les restrictions de circulation ne visent pas spécifiquement les commerçants et artisans qui peuvent bénéficier de dérogations mais plutôt les particuliers. "Sur plus de 1.000 particuliers qu'on a questionné qui circulent dans Paris, on constate qu'il y a 22% d'entre eux qui ont besoin de leur voiture. C'est là-dessus qu'il faut agir, pas contre les artisans et les commerçants", poursuit-il. Ces restrictions ne sont qu'une nouvelle étape dans la lutte de la mairie de Paris contre la pollution. A partir de 2020, tous les véhicules diesel, quel que soit leur âge seront interdit de circuler dans la capitale.

Carole Blanchard avec les Grandes Gueules