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20 millions d'euros d'argent public pour Orpea: un rapport gouvernemental accable encore le groupe

Après les affaires de maltraitance révélées il y a deux mois, un rapport gouvernemental révèle que le groupe Orpea, spécialisé dans les Ehpad, aurait augmenté ses bénéfices en embauchant moins de soignants que ce que lui permettaient des dotations publiques.

Les révélations autour du scandale Orpea continuent. Après les affaires de maltraitance révélées il y a deux mois dans un livre-enquête, le groupe d'Ehpad privé aurait augmenté ses bénéfices en embauchant moins de soignants que ce que lui permettent les dotations publiques.

C'est ce que pointe le pré-rapport d'une enquête administrative, des inspections générales des finances (IGF) et des affaires sociales (IGAS) révélé par le journal Le Monde et dont la version définitive doit être remise au gouvernement ce mercredi.

Ce rapport considère que la priorité d'Orpea a toujours été la performance budgétaire au détriment de la qualité de vie et des soins de ses résidents. Les inspecteurs de l'administration reprochent aussi à Orpea d'avoir réalisé des bénéfices grâce aux crédits publics.

20 millions d'euros d'argent public directement dans les poches du groupe

Concrètement, chaque année, les Ehpad du groupe reçoivent entre un et deux millions d'euros de dotations des Agences régionales de santé et des conseils départementaux. Des aides destinées notamment à payer les salaires du personnel soignant : médecin, infirmiers ou encore psychologues.

Or le groupe aurait régulièrement rogné sur ces postes de soignants, utilisant des auxiliaires de vie non diplômés pour réaliser des soins. Orpea est donc soupçonné d'avoir empoché cet argent public. Au total, 20 millions d'euros directement reversés au siège du groupe entre 2017 et 2020.

Il y a deux mois, un livre-enquête, "Les fossoyeurs", écrit par le journaliste Victor Castanet, avait révélé comme le groupe et son rival Korian sacrifiaient la santé des plus âgés sur l’autel de la rentabilité : au menu, des repas et des couches rationnées, des résidents laissés toute la journée dans leur lit parfois sans déjeuner faute de personnel et privés de soins durant des jours.

Jean-Baptiste Bourgeon (avec G.D.)