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6 tonnes de cannabis saisies à Vitrolles: quand les trafiquants font une boulette

Selon le journaliste spécialiste du grand banditisme, Frédéric Ploquin, invité ce mardi de Bourdin Direct, la saisie de six tonnes de cannabis dans une villa de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) illustre le changement de comportement dans le grand banditisme.

Les trafiquants de cannabis ont commis une belle boulette. Trois hommes, soupçonnés d'être impliqués dans un vaste trafic de drogue, ont été interpellés dimanche à Marseille et à Vitrolles (Bouches-du-Rhône) par les enquêteurs, qui ont saisi la drogue dans une villa ainsi que dans une voiture. Un très beau coup pour les policiers qui ont mis la main sur 6 tonnes de cannabis : d'abord 150 kg lors d'une transaction en flagrant-délit dans le quartier des Arnavaux, au nord de Marseille, puis 5,6 tonnes lors de la perquisition dans la villa.

"Un sentiment d'impunité chez ces garçons"

Une saisie qui étonne le journaliste de Marianne et spécialiste du grand banditisme, Frédéric Ploquin, invité ce mardi de Bourdin Direct. "C'est comme si tout d'un coup les trafiquants avaient oublié les règles minimum de sécurité. D'habitude, on ne stocke pas tout au même endroit, et on garde le moins longtemps possible la marchandise chez soi". Une insouciance qui s'explique, selon le journaliste, par "un sentiment d'impunité chez ces garçons, comme s'ils pensaient que la police avait autre chose à faire en ce moment et qu'elle n'aurait pas le temps de s'occuper d'eux". "La police a aussi eu pas mal de chance parce que cette quantité énorme venait d'arriver comme d'habitude par camion depuis le Maroc", souligne également Frédéric Ploquin.

"Il faut s'attendre à une légère pénurie sur la côte cet été"

Si la saisie est importante, elle ne représente toutefois que 2% de la consommation de cannabis en France, évaluée à 300 tonnes. "On sait ce qui ait saisie, mais on ne sait pas réellement ce qui est consommé", tempère Frédéric Ploquin. Seule certitude, "la consommation en France a augmenté, pour le plus grand bonheur des trafiquants". S'il "ne faut pas relativiser le coup porté", le journaliste rappelle que les trafiquants arrêtés dimanche, "ne sont pas le seul réseau capable de brasser de tonnes de shit (sic) en France. Il y en a une dizaine d'autres". Reste qu'"il faut s'attendre à une légère pénurie de produits stupéfiants sur la côte cet été, et peut-être un petit peu de chômage en plus chez les petits revendeurs".

Philippe Gril avec Adrien Borne