RMC

A la rochelle, Aubry blâme Sarkozy et calme les présidentiables

Dans son discours de clôture de l'université d'été du PS dimanche à La Rochelle, le premier secrétaire Martine Aubry a promis aux Français que les socialistes seraient à la hauteur de l'enjeu présidentiel de 2012, réclamant aux candidats à la candidature

Dans son discours de clôture de l'université d'été du PS dimanche à La Rochelle, le premier secrétaire Martine Aubry a promis aux Français que les socialistes seraient à la hauteur de l'enjeu présidentiel de 2012, réclamant aux candidats à la candidature - -

par Laure Bretton LA ROCHELLE, Charente-Maritime (Reuters) - Martine Aubry a promis dimanche aux Français que les socialistes seraient à la hauteur...

par Laure Bretton

LA ROCHELLE, Charente-Maritime (Reuters) - Martine Aubry a promis dimanche aux Français que les socialistes seraient à la hauteur de l'enjeu présidentiel de 2012, réclamant aux candidats à la candidature qu'ils se consacrent, dans l'intervalle, uniquement au projet du PS.

Dans son discours de clôture de l'université d'été du PS, le premier secrétaire, quasiment absente de la scène politique cet été, a repris ses galons de première opposante de Nicolas Sarkozy que lui dispute Ségolène Royal.

Finances publiques, pouvoir d'achat, chômage, sécurité: "trois ans d'échecs, trois ans de mensonges, trois ans de dérapages, ce n'est pas une présidence, c'est une épreuve", a lancé Martine Aubry à la tribune de La Rochelle.

"Si le déficit et l'endettement étaient des disciplines olympiques, Nicolas Sarkozy ramènerait des médailles à la France", a-t-elle raillé, sous les applaudissements de la salle.

Après de longues semaines de silence, elle a dénoncé les "évacuations brutales et les charters indignes de Roms", le tour de vis sécuritaire donné par le gouvernement sous l'impulsion du chef de l'Etat et son projet "exécrable" de déchéance de nationalité de certains délinquants. "Jouer sur les peurs, c'est abaisser la République", a-t-elle accusé.

"ON CHASSE EN MEUTE"

Pour les socialistes, ragaillardis par une série de sondages positifs, l'heure de l'alternance a sonné. Et la droite va rapidement être "débordée" par les propositions du PS, a assuré dimanche Martine Aubry, même si son discours d'une heure et demie en comportait très peu.

Après le "nouveau modèle de développement" et la rénovation interne, le PS va continuer cet automne ses conventions pour préparer son projet présidentiel, sur l'international et l'égalité réelle. Le forum sur la sécurité et la citoyenneté, prévu début 2011, a été, actualité oblige, avancé à cet automne.

Pour les proches de la maire de Lille, élue d'un cheveu fin 2008 à la tête d'un parti au bord de l'implosion, Martine Aubry a réussi en un an "le tour de force de faire du PS le lieu où se construit l'alternance", selon l'expression de Marylise Lebranchu.

Surtout, ajoute l'ancienne ministre de la Justice, elle a créé un "pack" à la tête du PS qui minimise le bruit des opposants internes. "On chasse désormais en meute et celui qui veut faire autrement, qu'il s'en aille", poursuit-elle.

Pendant trois jours à l'université d'été, symboles de cette unité décrétée et en l'absence de Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry et Ségolène Royal ont occupé toutes deux le devant de la scène, politique et médiatique, "en stéréo", selon la formule d'un proche de l'ancienne candidate à l'Elysée.

Alors que des voix s'élèvent à nouveau pour réclamer une accélération du calendrier des primaires présidentielles, notamment celle de François Hollande, Martine Aubry s'est portée garante des échéances internes du PS.

"Chaque chose en son temps", a-t-elle intimé sous l'oeil des principaux ténors du PS, qui, une fois n'est pas coutume, avaient tous prolongé leur séjour à La Rochelle pour écouter le discours de clôture.

Le candidat socialiste qui affrontera la droite en 2012 sera choisi à l'automne prochain et d'ici là, "préférons le travail de fond et collectif. Laissons les emballements et les empressements à Nicolas Sarkozy".

Edité par Henri-Pierre André

REUTERS