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A Noël, certains parents "préfèrent que leurs enfants n'aient pas d'arme factice"

Les fausses armes récoltées vont être broyées et transformées en oeuvre d'art. (Photo d'illustration)

Les fausses armes récoltées vont être broyées et transformées en oeuvre d'art. (Photo d'illustration) - AFP

TEMOIGNAGES - RMC s'est rendue dans les locaux d'une ressourcerie, la "Fabrique à neuf", à Corbeil-Essonnes, qui propose aux enfants de troquer leurs armes en plastique contre des jouets plus pacifiques. Une initiative qui rencontre déjà un certain succès.

Troquer les pistolets de cowboy ou les fusils laser contre des jouets pacifiques. C’est le pari de "La Fabrique à neuf", une ressourcerie - une structure qui gère la récupération, la valorisation et la revente d'objets divers - située à Corbeil-Essonnes, en région parisienne.

Elle propose, entre le 1er et le 31 décembre, aux enfants de venir troquer leurs armes en plastique contre des jouets. Les fausses armes récoltées vont être broyées, réduites en miettes. Elles serviront à élaborer une oeuvre d'art avec des établissements scolaires.

Tout cela s'effectue dans le cadre d'une opération: "Faites la paix, pas la guerre", lancée par la ressourcerie. Une idée née après les attentats du 13 novembre à Paris. RMC s'est rendue dans les locaux de la "Fabrique à neuf", à Corbeil-Essonnes, dont l'initiative rencontre déjà un certain succès.

"On dirait des vraies armes, c'est choquant"

Des dizaines de fausses mitraillettes entassées dans une grande caisse noire: le petit Assia, 7 ans, observe les faux pistolets. Mais ils ne l'intéressent pas, dit-il.

"Ces jouets-là ne sont pas utiles parce qu'ils peuvent effrayer les enfants", marmonne-t-il au micro de RMC.

Pour les parents, comme Lily-Rose, venue échanger le faux pistolet de cowboy de son fils, les enfants ne font plus la différence entre les vraies, et les fausses armes.

"On dirait des vraies armes", s'émeut-elle. "C'est choquant. Et c'est devenu tellement banal qu'on ne se rend même plus compte qu'à la base, c'est quelque-chose qui détruit. On en a fait un jeu".

"Il faut un vrai dialogue"

L'essentiel pour elle, c'est d'abord d'échanger avec son fils.

"Il faut un dialogue, mais un vrai dialogue: pas en cinq minutes", estime-t-elle. "Lui expliquer où mènent les armes".

Un dialogue nécessaire pour Pierre Garnier, le directeur de la ressourcerie, qui a imaginé le concept après les attaques du 13 novembre.

"Les parents sont motivés par le fait de dire: 'on préfère que nos enfants n'aient pas de jouets qui ressemblent à des fusils ou à des pistolets'", explique-t-il. "Vous proposez des livres, vous proposez des vecteurs de communication différents".

L'objectif pour la ressourcerie: récolter 200 faux pistolets d'ici Noël.

C. P. avec Vincent Lefebvre