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A Nonant-le Pin, les habitants vent debout contre la décharge installée au milieu des haras

Vue du site sur lequel s'est installé le centre d'enfouissement des déchets automobiles, à Nonant-Le Pin-, dans l'Orne.

Vue du site sur lequel s'est installé le centre d'enfouissement des déchets automobiles, à Nonant-Le Pin-, dans l'Orne. - AFP

La ministre de l'Écologie Ségolène Royal se rend ce mercredi dans l'Orne, où les habitants de Nonant-le-Pin sont vent debout contre la prochaine mise en service d'un site d'enfouissement de déchets automobiles en plein milieu des haras et de cultures bio. RMC s'est rendue sur place.

C'est une terre d'accueil des chevaux, qui peuvent, quand ils sortent de leurs prestigieux haras, gambader autour de terres agricoles de culture bio. Et au milieu coule une rivière, bien sûr, mais on trouve aussi en son cœur… une décharge de cadavres d'automobiles. Les habitants de Nonant-le-Pin, dans l'Orne, sont vent debout contre le site d'enfouissement de déchets automobiles ouvert en 2013, mais toujours pas exploité.

Depuis deux ans, le lieu est l'objet d'une bataille judiciaire entre la société Guy Dauphin Environnement (GDE) qui gère le site, et ses opposants: riverains, agriculteurs et professionnels du cheval. Le lieu a d'abord été occupé pendant près d’un an par des militants qui dénonçaient un risque de pollution irréversible, avant d’être délogés par les forces de l’ordre le 6 octobre 2014. Mais les opposants restent mobilisés et multiplient les actions contre ce qu'ils qualifient de futur plus grand centre de déchets automobiles d'Europe.

"Le bon sens c'est la fermeture pure et simple de cette décharge"

Ils attendent en tout cas de pied ferme la ministre de l'Écologie Ségolène Royal, qui arrive au grand galop ce mercredi à la préfecture de l'Orne pour rencontrer les dirigeants de GDE et les opposants au projet, et tenter d'apaiser les tensions. "Il faut que la ministre prenne une décision. Le bon sens c'est la fermeture pure et simple de cette décharge !", s'emporte Noëlle Sandoz, habitante qui se bat depuis le début contre cette décharge.

Il faut dire que le site d'enfouissement est situé à 800 mètres de l'église du village, entouré de haras prestigieux et de cultures bio. "Cette décharge est située au cœur de ce que l'on appelle le Versailles du cheval. On est à 300 m du premier haras, à 500 m du deuxième".

"Je vais perdre mes clients, ça ne fait aucun doute"

Parmi eux, le haras d'Aliette Forien. Depuis les paddocks de son domaine, elle a une vue plongeante sur la future décharge. "C'est là juste à droite, à 200 m à vol d'oiseau", montre-t-elle du doigt. "On aura non seulement la pollution de l'air, la pollution de l'eau, et la pollution sonore. Je suis très inquiète. On a des clients qui viennent de tous les pays et qui veulent le mieux pour leurs chevaux. S'il y a le moindre doute ou le moindre risque de pollution, ils vont aller ailleurs. Donc je vais perdre mes clients, ça ne fait aucun doute", s'inquiète-t-elle.

"Il n'y a aucun risque de pollution"

Il n'y a pourtant aucune inquiétude à avoir, assure Hugues Moutouh, directeur général de GDE, propriétaire de la décharge. "Toutes les analyses et expertises menées depuis plusieurs années démontrent qu'il n'y a aucun risque de pollution. Croyez-moi, si l'activité de mon entreprise était polluante les services de l'État mettraient un terme très rapidement à l'exploitation".

En principe, la décharge doit ouvrir au mois de septembre. Quelle que soit la décision de la ministre, les opposants ont prévenu: ils ne baisseront pas les bras.

Philippe Gril avec Juliette Droz