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Additif alimentaire controversé E171: pourquoi le gouvernement ne veut pas l'interdire

Le dioxyde de titane, un colorant alimentaire controversé à cause de potentiels risques pour la santé, devait être interdit dans l'alimentation en France. Finalement cette mesure ne verra pas le jour car Bruno Le Maire n'en veut pas.

On en trouve dans les bonbons, dans la charcuterie, dans les médicaments. L'utilisation de cet additif alimentaire E171, formé de nanoparticules de dioxyde de titane devait être suspendue dans le cadre de la Loi alimentation. La suspension devait entrer en vigueur d'ici le premier janvier 2019 donc la mesure devrait déjà être mise en place. Sauf qu'il manque une chose pour que la loi soit appliquée: la signature d'un arrêté de Bruno Le Maire, arrêté que le ministre de l'économie refuse de signer.

Il estime que les études scientifiques sur le sujet sont contradictoires. Il faut savoir que d'après une étude française de l'INRA menée sur des rongeurs, 40% des rats ayant été exposés à des niveaux réalistes de dioxyde de titane ont développé des lésions précancéreuses du colon.

Les agences françaises et européenne de sécurité sanitaire ne remettent pas en cause ces résultats mais ont en effet estimé que ce n'était pas suffisant pour remettre en question l'autorisation du dioxyde de titane.

Des associations dénoncent le "manque de courage" du ministre

Bruno Le Maire a donc demandé une nouvelle évaluation à l'Agence française de sécurité sanitaire. Il affirme aussi qu'il faut respecter le cadre européen et qu'en attendant, c'est aux industriels, s'ils ont un doute, de s'abstenir.

Il y a deux semaines un collectif d'associations -notamment la Ligue contre le cancer, la CLCV et l'UFC-Que Choisir- avait signé une tribune dans le journal Le Monde demandant à Bruno le Maire d'appliquer la loi

Dans leur tribune, elles rappelaient que les Français en ont "assez des scandales sanitaires" et veulent "une alimentation saine et sûre". Elles dénonçaient aussi le "manque de courage" du ministre de l'Economie qui selon elle "entrave une décision importante de santé publique".

Marie Dupin