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Air Cocaïne: "Mon combat est ici en République dominicaine, où je dois prouver mon innocence"

Nicolas Pisapia fait partie des deux Français mis en cause dans l'affaire Air Cocaïne, et restés en République dominicaine. Il a témoigné ce mercredi sur RMC.

Les zones d'ombres demeurent nombreuses dans l'affaire "Air Cocaïne". Depuis lundi, on sait que Pascal Fauret, 55 ans, et son copilote Bruno Odos, 56 ans, condamnés à 20 ans de prison en août pour trafic de drogue, ont fui pour regagner la France ce week-end.

Selon l'un de leurs avocats, Maître Eric Dupond-Moretti, et selon le ministère des Affaires étrangères, l'Etat français n'est aucunement impliqué. Ce sont des amis des pilotes, des anciens de la marine et des services secrets, qui seraient responsables de l'évasion.

D'après Maître Dupond-Moretti, cette fuite ne constitue pas une infraction. Les pilotes veulent se présenter à la juge d'instruction du volet français de l'affaire. Un contact a été établi, reconnaît le parquet de Marseille.

Une enquête en France

Mais la République dominicaine ne compte pas en rester là. Elle lancera un mandat d'arrêt international, a annoncé mardi le procureur général Francisco Dominguez Brito.

Il n'y a quasiment aucune chance, que les deux hommes retournent en République dominicaine. Malgré l'éventuel mandat d'arrêt international, la France, n'extrade pas ses ressortissants.

En revanche, les deux hommes seront bien jugés dans leur pays pour les faits reprochés sur l'ile des Antilles. Une enquête, menée par une juge d'instruction marseillaise, est déjà ouverte en France. 10 personnes sont mises en examen dans cette affaire, parmi elle, les deux pilotes français. 

"Je veux sortir propre de toute cette affaire"

Par ailleurs, le sort des deux Français restés sur place, en liberté surveillée, Alain Castany et Nicolas Pisapia, préoccupe. Interrogé par Le Parisien, Alain Castany, membre d'équipage du vol "Air Cocaïne" considère la fuite des deux pilotes comme un acte "irresponsable et déloyal" qui le "met en péril".

Ce mercredi, Nicolas Pisapia s’est lui confié à RMC depuis la République dominicaine. Il n'a pas voulu commenter le départ des deux pilotes.

"Je n’étais pas au courant, je n’avais aucun contact avec personne", a confié le Français, passager du Falcon 50. "Au vu de ma situation, je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus. J’ai pris contact avec l’ambassade de France pour avoir des explications. Mais je veux faire l’appel. Je veux sortir propre de toute cette affaire, c’est pourquoi je veux lutter jusqu’à la fin ici. Nous nous présenterons avec mes avocats à l’appel."

Interrogé sur la possibilité que les autorités dominicaines l’incarcèrent après le départ de Pascal Fauret et de Bruno Odos, il admet que "c’est un risque". "On pourrait craindre que les autorités dominicaines puissent m’incarcérer", estime-t-il. "On essaye de s’en sortir avec les autorités diplomatiques. Mais avec ce qu’il vient de se passer, on en sait pas trop ce qu’il va se dérouler. Mon combat est ici en République dominicaine, c’est ici que je dois prouver mon innocence."