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Alcatel-Lucent: "Les cadres se sentent trahis par Michel Combes"

Les salariés d'Alcatel-Lucent n'acceptent pas que leur patron, Michel Combes, quitte le groupe au bout de deux ans et demi avec 13,7 millions d'euros de primes et de stock-options. Frédéric Aussedat, délégué syndical central CFE-CGC, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce lundi.

Pour ses deux ans et demi passés à la tête du groupe Alcatel-Lucent (62.000 salariés), qu'il quitte ce lundi 31 août pour prendre la présidence d'Altice, Michel Combes devrait toucher jusqu'à 13,7 millions d'euros. Une somme constituée d'une clause de non-concurrence, de stock-options et d'actions du groupe. Rien d'illégal à cela, mais l'annonce à beaucoup de mal à passer chez les 62.000 salariés du groupe. 13,7 millions d'euros, "c'est pas mal en trois ans", ironise Frédéric Aussedat, délégué syndical central CFE-CGC chez Alcatel Lucent.

"Il a changé les règles au dernier moment"

Invité de Jean-Jacques Bourdin ce lundi, ce représentant des cadres de l'entreprise dénonce "une tricherie" de la part de Michel Combes. "Il a changé les règles au dernier moment. En avril dernier, il a modifié le mode de calcul au moment de la négociation sur le bonus des cadres. Il y avait des calculs précis et annoncés, mais il a modifié ça au dernier moment. Et cet argent il l'a récupéré en août pour le mettre dans sa poche. Il a supprimé 40% de bonus des cadres". Du coup, "les cadres se sentent trahis".

"Il fout le camp avant d'assumer la fin de son plan de relance"

Frédéric Aussedat reconnaît que Michel Combes, à son arrivée, "a relancé la société". "Mais aujourd'hui on voit qu'Alcatel est vendu à la découpe. Les cadres ont cru en lui pendant un certain temps, mais ces derniers temps on a un sentiment de trahison et d'abandon. Pourquoi part-il maintenant ? Il pouvait accompagner l'arrivée vers Nokia ! D'autant qu'il a demandé à l'entreprise énormément d'efforts. Il a supprimé 5 sites en France, il a fait des dégâts sociaux très importants et il fout le camp avant d'assumer la fin de son plan de relance", s'emporte le représentant des cadres de l'entreprise. "Comment voulez-vous que les gens avancent dans l'économie si on ne croit plus en nos dirigeants", interroge-t-il, dépité.

Jean-Jacques Bourdin avec Philippe Gril