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Après UberPOP, Heetch: "Je considère ça comme du covoiturage"

Le 25 juin dernier, un arrêté de la Préfecture de Paris interdisait l'application UberPOP ainsi que ses concurrents Heetch et Djump. Alors que ce dimanche le patron de Heetch a fait savoir qu'il refusait d'obtempérer, RMC a rencontré chauffeurs et utilisateurs de cette application à la mode.

Jérôme a deux emplois: le jour, il s'occupe de l'entretien des routes. La nuit, il est chauffeur pour l'application Heetch. Et ce quatre fois par semaine. Un second travail qu'il a débuté il y a maintenant plus de trois mois. Mais depuis la fermeture d'UberPOP, il assure travailler avec la boule au ventre et craindre de perdre ce complément de revenus. "Je ne trouve pas ça illégal, soutient-il sur RMC. L'intérêt est de faire du bénéfice mais on ne fait pas des millions. Moi je gagne entre 350 et 800 euros par mois".

Comme UberPOP, Heetch est une application qui permet à des particuliers de transporter des personnes contre rémunération. Et cette application connait un fort succès: elle a été plébiscitée par 5 000 chauffeurs et 100 000 utilisateurs réguliers. Parmi eux, Charlotte et Léora, des fidèles de la première heure: "J'utilise Heetch pour beaucoup d'occasions: le week-end quand je sors, quand je me rends à un diner… Régulièrement, je préfère prendre Heetch plutôt que le métro".

"Nous sommes différents d'UberPOP"

"Pour le même trajet, je paye moitié moins cher avec Heetch qu'avec un taxi normal. Je considère ça comme du covoiturage parce que je monte à chaque fois à l'avant, à côté du chauffeur. On échange sur tout le trajet", ajoute Léora. Et c’est justement sur cet argument que s’appuie Teddy Pellerin, le jeune patron de Heetch, pour ne pas faire fermer son application. "Notre modèle est très différent de celui d'UberPOP, assure-t-il. Notre objectif est d'apporter une solution de mobilité nocturne (l'application fonctionne uniquement entre 20h et 6h du matin, ndlr). On ne se place pas en opposition par rapport aux taxis car 80% de nos clients sont des 18-25 ans qui ont bien fait la fête. Pas forcément les usagers préférés des taxis…"

Et pourtant les taxis crient à la concurrence déloyale ! UberPop ou Heetch: pas de différence comme l'explique Didier Hogrel, président de la Fédération Nationale du Taxi. "Le transport de personnes d'un point à A un point B est règlementé. Soit ce sont des VTC, soit ce sont des taxis mais en aucun cas des particuliers peuvent se substituer à ce genre de services". Et de faire preuve de fermeté: "Nous ne les laisserons pas continuer et je pense que l'administration non plus".

Maxime Ricard avec Charlotte Peyronnet