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Attentat de Tunis: "C’est terrible, ce sont des fous de Dieu"

Un sniper devant le musée Bardo, à Tunis.

Un sniper devant le musée Bardo, à Tunis. - AFP

Plusieurs centaines de Tunisiens se sont rassemblés mercredi soir à Tunis pour dénoncer l'attaque au musée du Bardo, qui a fait 20 morts dont 18 touristes.

La tristesse et l’incompréhension. Les Tunisiens sont sous le choc après l’attaque sanglante qui a fait 22 morts (dont deux touristes français), mercredi, au musée Bardo de Tunis. Plusieurs appels au rassemblement ont été lancés sur les réseaux sociaux. Dans la soirée, des milliers de personnes se sont réunies pour protester contre le terrorisme et défendre leur démocratie, sur l'avenue Bourguiba de Tunis.

"C’est la tristesse, une sensation terrible", témoigne Rim, une comédienne. "Je pense que ce pays ne va pas se taire. Ce peuple qui s’est levé pour dire un jour à Ben Ali –dégage-, pour la dignité, même s’il y a maintenant il y a la peur, la terreur. Il y aura encore des coups durs, mais cela ne vas pas nous empêcher de continuer la révolution tunisienne".

"C’est terrible, ce sont des fous de Dieu, des illuminés", fustige Selma Jaddes, libraire sur l’avenue Bourguiba. "Ce ‘est pas la Tunisie. On est sous le choc. Les étrangers sont normalement très bien reçus en Tunisie, on les reçoit comme des invités mais pas avec des armes et des coups de feu".

"On veut viser un symbole"

"C’est vraiment triste, renchérit Ichem, musicien. Cela donne une mauvaise image pour la Tunisie. Surtout qu’on essaye de progresser vers la démocratie et la liberté. C’est un coup très dur pour l’économie. On a vraiment une crainte que les touristes ne viennent plus. Mais on va lutter pour la liberté".

Lina Ben Mhenni est une bloggueuse tunisienne. Pour elle, les terroristes ont voulu s'attaquer à un symbole. "La Tunisie représente un symbole. On parle partout du succès de la transition démocratique, des élections, on veut viser ce symbole-là. Les terroristes veulent dire que la Tunisie n’est pas épargnée par ce qui se passe en Syrie et en Libye. Je suis très choquée et triste pour mon pays, car c’est un coup très dur pour ce symbole qu’est la Tunisie".

"Des conséquences économiques désatreuses"

Un point de vue partagé par Zied Dabbar, journaliste tunisien au quotidien Le Temps. Il est sous le choc. "Les attaques terroristes sont intervenues juste un mois après l’installation du nouveau gouvernement", rapelle-t-il. "On parle d’une transition démocratique réussie, des réformes économiques, d’une situation politique un peu apaisée. Les terroristes frappent tout : la culture, l’économie, l’être humain. Ils frappent tous les symboles de pays et d’égalité".

Au-delà du drame, les conséquences économiques risquent d’être très importantes pour ce pays, qui compte énormément sur le tourisme. "Je crois que les conséquences seront désastreuses pour l’économie tunisienne", souligne Houcine Dimassi, professeur d'économie en Tunisie, ancien ministre des Finances. "Non seulement le tourisme, un pilier déjà en crise, mais aussi du recul des investissements étrangers et toutes nos opérations et actes d’échanges peuvent souffrir de cette situation".

Marie Regnier avec E.B.