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Attentat du Bardo: "Je veux que le gouvernement tunisien reconnaisse sa part de responsabilité"

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La famille d'Huguette Dupeu, Française originaire du Loiret, tuée dans l'attentat du musée du Bardo à Tunis, envisage d'attaquer l'Etat tunisien, responsable, selon elle, d'avoir négligé la sécurité des victimes. La fille et la sœur d'Huguette Dupeu étaient ce matin sur RMC.

Le 18 mars dernier, 19 personnes, dont 17 touristes étrangers, ont été tuées en plein Tunis, dans une attaque d'hommes armés contre le musée du Bardo, la première à viser des étrangers depuis la révolution tunisienne de 2011.

Parmi les victimes, quatre étaient de nationalité française. Parmi celles-ci, Huguette Dupeu, 75 ans, habitait à Ascoux, tout près d'Orléans. Aujourd'hui, si sa famille ne porte pas plainte, elle réclame des excuses de la part de l'Etat tunisien.

"Il n'y avait aucun garde"

La sœur d'Huguette, Dominique Lecomte a survécu à l'attentat: "Nous demandons pour l'instant des excuses pour l'insécurité du Bardo. Il n'y avait aucune sécurité où quand nous sommes rentrés, il n'y avait aucun garde, personne n'était là. (…) Je me pose la question de savoir pourquoi les gardes n'étaient pas à leurs postes. Il n'y a pas de réponse de l'Etat tunisien. Si l'Etat tunisien avait mis la sécurité, il n'y aurait pas eu tous ces morts. Si l'Etat ne se bouge pas et ne nous fait pas d'excuses et de dédommagement, on se gardera l'opportunité de porter plainte".

"S'il y avait eu la sécurité, on serait peut-être rentrés à 4, aujourd'hui on est rentrés à 3. On a laissé ma mère, ma mère est décédée, elle avait encore de beaux jours à vivre. C'est pour cela que je veux que le gouvernement reconnaisse sa part de responsabilité dans cet attentat" renchérit, Françoise Thauvin, la fille d'Huguette.

"C'est quelque chose qui nous a détruites"

Aujourd'hui les deux femmes peinent à retrouver une vie normale. "C'est quelque chose qui nous a détruites: j'ai du mal à sortir, à prendre la voiture, j'ai peur de tout. Je suis arrêtée depuis mars, j'espère reprendre mon travail, j'espère pouvoir faire face à ça mais je n'en suis pas sûre", raconte Dominique.

Le parquet de Paris a ouvert le 28 avril une information judiciaire pour "assassinat en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste", une procédure classique dès lors que des ressortissants nationaux figurent parmi les victimes. Onze personnes se sont constituées parties civiles dans le cadre de cette procédure.

La rédaction avec H.D.