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Attentats de Ouagadougou: les Français tués fêtaient "la fin de leur chantier"

Des enquêteurs devant la scène de l'attentat perpétré vendredi soir à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

Des enquêteurs devant la scène de l'attentat perpétré vendredi soir à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. - AFP

TEMOIGNAGES – RMC a recueilli les témoignages de proches des victimes françaises de l'attaque jihadiste qui a fait 29 morts et une trentaine de blessés, vendredi soir à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

Trois salariés d'une même entreprise du Val-d'Oise ont trouvé la mort dans l'attaque jihadiste de Ouagadougou, vendredi soir, selon des élus locaux et les familles des victimes. Ces trois hommes ont été tués au restaurant Capuccino, un établissement fréquenté par les Occidentaux.

Eddie Touati, 54 ans et Arnaud Cazier, 41 ans habitaient l'Oise, à Fontaine-Saint-Lucien et Crillon, et leur collègue Antonio De Oliveira Basto, 52 ans, était un Portugais qui avait fait sa vie en France. Ils étaient salariés de la société Scales, spécialisée dans les transports exceptionnels, et basée à Saint-Ouen-L'Aumône.

"Trois copains"

Ces "trois collègues s'entendaient à merveille", a confié l'épouse endeuillée d'Arnaud Cazier, Cécile Cazier, à RMC. Alors qu'ils avaient pris l'habitude de dîner d'un "petit sandwich", ce vendredi soir-là, ils décident de s'offrir un repas au restaurant "pour fêter la fin de chantier", explique-t-elle.

Ces trois hommes "travaillaient ensemble depuis longtemps, ils étaient trois copains", a confirmé à RMC Jacques Doridam, vice-président de l'agglomération du Beauvaisis et conseiller municipal de Beauvais, sous le choc.

"Un gars qui s'est construit tout seul"

Jacky Delaneuville, lui, a perdu son "meilleur pote", Eddie Touati, dans l'attentat.

"Je suis écoeuré", s'indigne-t-il sur notre antenne. "Je suis comme tout le monde: je ne comprends plus rien. Ma seule question, c'est quand est-ce qu'ils vont arrêter leur conneries?" 

Eddy Touati, son ami d'enfance, était son témoin de mariage.

"C'est un gars qui s'est construit tout seul, toujours à bosser, à s'occuper de sa famille", se remémore-t-il. "Je recevais des photos il y a trois jours, encore. On ne pense pas à cela. Pourquoi eux? Pour quelle idée? Pourquoi?", s'interroge-t-il.

La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête pour assassinats et tentative d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste.

C. P. avec Anaïs Sainz et Marion Dubreuil