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Attentats: virés de Securitas à Orly-Ouest en raison de barbes trop longues

Deux employés ont porté plainte contre Securitas à Orly-Ouest

Deux employés ont porté plainte contre Securitas à Orly-Ouest - AFP

INFO RMC - Depuis les attentats, deux plaintes pour discriminations ont été déposées contre l'entreprise Securitas, par des agents de sûreté de l'aéroport d'Orly-Ouest. Selon eux, leur direction leur a demandé de raccourcir leur barbe. Ils ont porté plainte et ont ensuite été licenciés.

Chasse à la barbe à Orly-Ouest. Depuis, les attentats, selon le syndicat Force ouvrière, huit agents de sécurité de l'entreprise Securitas à Orly-Ouest ont été convoqués par la direction de l'entreprise. Chargée d'effectuer les contrôles des passagers et des bagages aux portiques de sécurité de l'aéroport, la société a demandé à ces personnes de raccourcir leur barbe.

Tous sont musulmans et pour la plupart leur barbe ne dépasse pas 3 ou 4 cm et n'avait jamais fait l'objet de remarque auparavant. Si le règlement intérieur de Securitas précise que les barbes doivent être courtes, taillées et entretenues, il ne précise pour autant pas la longueur maximale tolérée. Après leur convocation certains employés ont décidé de la raccourcir mais d'autres ont refusé. Parmi ces employés, selon nos informations, deux agents ont porté plainte pour discrimination et ont depuis été licenciés.

"Il nous a même proposé une tondeuse"

Bachir est l'un d'eux. Il a porté plainte pour discrimination le 24 novembre dernier et a été licencié la semaine dernière. "Quand le directeur m'a accueilli dans son bureau, il m'a expliqué que c'était en raison de ma barbe, qu'elle était trop longue", témoigne-t-il sur RMC. Et d'ajouter: "Ma barbe, ça doit faire deux-trois ans que je l'ai. C'est une barbe 'fashion', 'mode'. Une barbe que tout le monde peut porter, pas du tout en rapport avec une religion. Elle ne dépasse pas le petit doigt".

"Bizarrement, une semaine et demie après les événements à Paris, toutes les personnes barbues ont été convoquées par le directeur, toutes de confession musulmane, confie-t-il encore. Il nous a même proposé une tondeuse pour qu'on la coupe". Et Bachir de s'interroger: "Pourquoi cela du jour au lendemain? J'ai toujours été quelqu'un de clean donc quand j'ai reçu le courrier ça m'a fait un choc: licenciement pour faute grave, ça choque un peu".

A noter qu'un autre employé vient au travail tous les matins à 5h30 mais se voit refuser l'accès à son poste en zone sécurisée. Contactée à ce sujet ce lundi, la direction de Securitas a refusé de s'exprimer.

M.R avec Claire Andrieux