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Avec 1.000 euros par réfugié, l'hébergement "ne coûtera rien aux communes"

Bernard Cazeneuve samedi 12 septembre.

Bernard Cazeneuve samedi 12 septembre. - BFMTV

REPORTAGE - Les maires de 700 communes disposés à accueillir des réfugiés étaient rassemblés samedi à Paris, à l'invitation du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Les maires en sont-ils ressortis satisfaits? RMC leur a posé la question.

Tendre la main aux réfugiés, oui, mais comment faire? Les maires de 700 communes, en grande majorité socialistes, étaient rassemblés samedi à Paris, à l'invitation du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Tous ces élus se disent prêts à accueillir des réfugiés. Mais ils se posent des questions: où les accueillir? Dans un studio au-dessus de l'école? Ou chez des riverains volontaires? Les habitants de la commune vont-ils l’accepter?

Bernard Cazeneuve s'est voulu rassurant: 1.000 euros d'aide seront versés aux communes pour chaque place d'hébergement créée d'ici 2017. Et des aides complémentaires seront accordés aux propriétaires de ces hébergements, publics et privés. Le ministre de l'Intérieur a aussi précisé que les délais d'attente seront raccourcis pour les demandeurs d'asile.

"Rénover à moindre coût"

Les maires sont-ils ressortis satisfaits de cette réunion? RMC leur a posé la question. Michel Flahaut, maire PS d'Haplincourt dans le Pas-de-Calais, s’est montré plutôt satisfait de l’aide de 1.000 euros par placé d’hébergement créée, la mesure phare de Bernard Cazeneuve.

"L’idée, c’est de rénover à moindre coût parce que les petites communes n’ont pas d’argent", s’est-il félicité au micro de RMC. "Avec ces aides, on ne peut que rassurer encore un peu plus la population, en disant qu’on ne va pas toucher aux impôts. C’est toujours la question des gens: est-ce que ça va coûter à la commune? Non, ça ne coûtera pas à la commune".

"Raccourcir les délais? J'ai un petit doute"

Accueillir des familles, oui, mais pour combien de temps? Les délais d'attente pour les demandes d'asile seront raccourcis, promet le gouvernement, de 24 à 9 mois. Pas de quoi rassurer Stéphane Peu, adjoint au maire communiste de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis.

"J’ai quand même un petit doute sur comment, concrètement, va-t-on pouvoir raccourcir les délais d’instructions", a-t-il estimé. "Ces personnes sont des demandeurs d’asile: ils ne peuvent pas signer un bail, ils ne peuvent pas avoir un contrat de travail… Donc forcément, plus ce temps dure, plus la précarité de leur situation est forte, et plus on les a en charge".

Reste la principale inquiétude des élus: comment convaincre une population souvent réticente à l'arrivée de réfugiés.

C. P. avec Victor Joanin