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Baisse de fréquentation des colonies de vacances: "J'ai peur que mes enfants se blessent"

Les colonies de vacances n'ont plus la cote

Les colonies de vacances n'ont plus la cote - AFP

Le gouvernement lance ce lundi une campagne de communication pour inciter les familles à inscrire leurs enfants en colonies de vacances en baisse de fréquentation. En cause, selon les personnes interrogées par RMC, la sécurité, les prix ou encore la qualité de l'encadrement.

"Les jolies colonies de vacances / Merci maman, merci papa / Tous les ans, je voudrais que ça r'commence / You kaïdi aïdi aïda" chante Pierre Perret depuis plus de 40 ans. Mais aujourd'hui, il semblerait que le temps des colonies ne soit plus béni. En effet, ces dernières années, elles n'ont plus la cote et connaissent une sérieuse baisse de fréquentation. Ainsi, 1,5 million d'enfants partaient en colonie en 2007-2008 contre 1,3 million en 2012-2013. L'une des raisons : la réticence de certaines familles à confier leurs enfants à des tiers.

"Comme on ne sait pas qui les encadre"

C'est pourquoi, et alors que les vacances scolaires ont débuté dans certaines zones, le gouvernement lance ce lundi une campagne de communication pour inciter les familles à inscrire leurs enfants en colonies de vacances. Pas certain que cela suffise à convaincre Thierry, père de deux enfants de 6 et 8 ans, qui passent toutes leurs vacances en famille pour des raisons de sécurité: "J'ai peur que mes enfants peuvent se blesser ou qu'ils soient confrontés à des comportements d'adulte non adaptés vis-à-vis des enfants. Comme on ne sait pas qui les encadre, c'est un critère (à ma réticence)…"

Autre argument avancé par les parents: le budget. Aujourd'hui, une semaine de colonie en France coûte entre 400 et 600 euros. Trop cher pour cette mère de famille: "En restant à Paris et en prenant quelques jours, on peut faire beaucoup de choses comme visiter des musées, faire des sorties culturelles et éducatives beaucoup moins chères. Les enfants s'amusent d'autant plus qu'ils sont avec leurs parents".

"Un des lieux les plus surveillés"

Même si l'an dernier, une colonie de vacances en Ariège avait été endeuillée en après la mort d'un enfant de 8 ans d'une infection digestive aiguë, ces critiques sont exagérées pour Jacques Labat, directeur territorial sud-est de L'Union français des centres de vacances: "En réalité, la question de la sécurité est mineure parce que c'est un des lieux les plus surveillés. La preuve, quand il y a un accident c'est obligatoirement déclaré aux assurances et au ministère qui a un rôle de contrôle. A chaque fois, il y a une enquête, on cherche les responsabilités et on en fait un bilan national".

Il ajoute: "De toute façon des accidents graves, il n'y en a peut-être qu'une dizaine par an. C'est très, très faible". En revanche, il considère comme certains parents que le prix des séjours est parfois trop élevé. Il demande donc à l'Etat plus d'aides pour les familles modestes.

Maxime Ricard avec Hugues Dago