RMC

Bayrou hostile à une cohabitation

François  Bayrou

François Bayrou - -

Le président du Modem François Bayrou a déclaré ce jeudi que la France «n’avait aucune chance de se redresser» en cas de cohabitation à l’issue des législatives de juin.

François Bayrou, a estimé ce jeudi qu'il n'y avait «aucune chance» que la France «puisse se redresser» si les prochaines législatives aboutissaient à «une cohabitation de blocage». Pour le président du Modem, François Hollande «a un atout, il n'est pas ressenti comme un homme d'affrontement et je crois que c'est authentique. Il est nouveau, il a un certain crédit dans l'appareil d'Etat, et surtout il a obtenu le soutien des catégories populaires».

Le programme économique de Hollande «devra être entièrement repris»

Pour autant, François Bayrou n'a pas manqué d'appeler le nouveau président à reprendre «en profondeur» son programme économique. Le programme économique de François Hollande «devra être entièrement repris ou en tout cas en profondeur, à la mesure de la crise», a déclaré lors d'une conférence de presse François Bayrou. «S'il trouve en face de lui une opposition agressive et systématique (...), a fortiori une cohabitation de blocage, il n'existe aucune chance que le pays puisse se redresser», a-t-il ajouté, persuadé que «les Français ne veulent pas d'une opposition frontale et systématique pour la période qui s'ouvre».

Des ministres MoDem, source de «confusion»

Bien qu'il ait voté Hollande au second tour, le candidat malheureux à la présidentielle estime que la présence de ministres MoDem dans le prochain gouvernement serait «une confusion».
«Quand on entre au gouvernement, on est solidaire et je suis en désaccord avec François Hollande sur plusieurs points de son programme», a-t-il rappelé.
Toutefois, François Bayrou «assume» son choix personnel en faveur de François Hollande dans l'isoloir du second tour.
«J'ai pris mes responsabilités, s'est-il justifié, car pour moi la vie consiste à prendre ses responsabilités. Je l'ai fait, est-il besoin de le dire, sans aucune idée d'intérêt [en pensant] qu'au bout du compte, malgré mes réserves [...], l'alternance offrirait une chance nouvelle au pays. [...] On me dit "vous avez pris des risques, on va vous le faire payer, on va vous désigner comme cible". Je l'accepte. J'assume cela» a conclu François Bayrou.
Par mesure de rétorsion au choix du président du MoDem pour le second tour de la présidentielle, l'UMP a annoncé lundi sa décision de présenter un candidat dans sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques, pour les prochaines législatives. A son tour, le PS, excluant toute idée de «service rendu», a maintenu sa candidate contre François Bayrou.

La Rédaction