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"Beaucoup de mépris pour les salariés": pourquoi ce maire refuse de faire passer ses agents municipaux aux 35 heures

Maire de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), Jean-Philippe Gautrais refuse que les employés municipaux passent aux 35 heures, comme la loi va l’imposer à partir du 1er janvier. Il s’est expliqué ce jeudi dans "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story.

Tic-tac, tic-tac… La loi de transformation de la fonction publique, qui met fin aux régimes dérogatoires, va imposer aux communes et intercommunalités de passer aux 35 heures, à partir du 1er janvier 2022. Mais certains maires résistent encore, à l’image de celui de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne). Jean-Philippe Gautrais (Front de gauche) ne veut pas retirer à ses employés un avantage qu’ils avaient obtenu par la négociation.

"Ce sont 13 jours de congés que le gouvernement veut remettre en cause avec cette loi, explique-t-il ce jeudi dans ‘Apolline Matin’ sur RMC et RMC Story. Ils sont à 35 heures par semaine, mais ils ont quelques jours supplémentaires liés à la négociation entre l’employeur et les organisations syndicales, qui date d’un certain nombre d’années. Si on écoute cette loi, cela remet en cause le principe constitutionnel qui est la libre administration des communes."

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"En première ligne, ce sont des agents municipaux"

Pour le maire de Fontenay-sous-Bois, retirer ces 13 jours de congés serait particulièrement dur à vivre pour les employés municipaux. "On ne veut pas leur faire perdre. On ajoute à cela que depuis dix ans, les salaires n’ont pas augmenté. Je rappelle que c’est le gouvernement qui fixe le point d’indice et qu’il est gelé. Nos agents sont de catégorie C à 70%. Et depuis deux ans, et cette crise sanitaire, ils n’ont pas ménagé leurs efforts. J’ai entendu le ministre parler de raz-de-marée hier. Les communes, nous prenons notre part. Et notamment nos agents, dans notre centre de vaccination. Le télétravail ne sera pas possible pour tout le monde. Dans nos écoles, il va bien falloir accueillir les enfants. Tout ça, en première ligne, ce sont des agents municipaux."

En passant aux 35 heures, "ils ne vont pas gagner plus" regrette Jean-Philippe Gautrais. "Les salaires dans la fonction publique, ils ne sont pas très élevés, rappelle le maire. La compensation, c’est une partie de cette négociation entre l’employeur et ses salariés. Je crois que c’est beaucoup de mépris pour les salariés alors que les collectivités, les fonctionnaires, jouent le jeu de protéger les gens au quotidien pendant cette crise." Jean-Philippe Gautrais compte donc aller "jusqu’au bout de ce que la loi permet" pour défendre ses agents municipaux.

LP