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Cantonales: la gauche unie avec quelques entorses et crispations

La gauche part globalement unie pour affronter la droite et le Front national au second tour des élections cantonales. Cependant, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) joue les trouble-fête en se maintenant dans 37 cantons et Jean-Luc Mélenchon, président du P

La gauche part globalement unie pour affronter la droite et le Front national au second tour des élections cantonales. Cependant, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) joue les trouble-fête en se maintenant dans 37 cantons et Jean-Luc Mélenchon, président du P - -

PARIS (Reuters) - La gauche part globalement unie pour affronter la droite et le Front national au second tour des élections cantonales, mais Europe...

PARIS (Reuters) - La gauche part globalement unie pour affronter la droite et le Front national au second tour des élections cantonales, mais Europe Ecologie-Les Verts (EELV) joue les trouble-fête en se maintenant dans 37 cantons sur 2.000.

Les écologistes ont décidé de se maintenir face à la gauche, notamment dans sept cantons face au Front de gauche, là où il n'y a pas de risque de voir la droite gagner.

Mais Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, y voit une "entorse regrettable" au sacro-saint désistement républicain et une attitude "dangereuse" après la poussée du Front national.

"Il y a des moments où il faut savoir se rassembler, surtout quand le danger du Front national et d'une droite qui flirte avec lui pointe comme en ce moment", a-t-il dit sur France Info.

Autre petit souci pour la gauche, Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche (PG) et animateur du Front de gauche avec ses alliés communistes, a boudé les réunions de la gauche depuis le soir du premier tour dimanche.

Il entendait ainsi protester contre le fait que le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot n'était pas invité.

"Il veut à la fois former une coalition avec la gauche radicale et garder un pied dans la gauche de gouvernement", déplore Christophe Borgel, secrétaire national du Parti socialiste aux élections mardi, dans Les Echos.

Dès lundi, le PS a multiplié les appels du pied. "Il faut que Jean-Luc rame dans le même sens que tout le monde, qu'il ne fasse pas la course en solitaire", lui a lancé Harlem Désir, n° 2 du Parti socialiste.

BON SCORE DU FRONT DE GAUCHE

En définitive, Jean-Luc Mélenchon retrouvera jeudi le socialiste Arnaud Montebourg à Dôle, dans le Jura, pour soutenir le candidat Patrick Viverge qualifié pour le second tour des cantonales et qui avait l'appui du PG.

Jean-Luc Mélenchon, qui brigue la candidature du Front de gauche pour la présidentielle de 2012 et doit encore convaincre la base communiste, exaspère souvent ses alliés par ses déclarations tonitruantes.

Mais le président du PG, très présent dans les médias, peut se flatter d'avoir contribué au succès du Front de gauche au premier tour des cantonales.

La coalition a en effet obtenu un score de près de 9%, devant les écologistes, selon le ministère de l'Intérieur. Jean-Luc Mélenchon affirme qu'elle "dépasse les 10%" compte tenu des candidats soutenus par elle.

Toutefois, deux stratégies continuent à s'affronter au sein de l'alliance. D'un côté, le Parti communiste, qui reste un parti d'élus, tente de coller au PS pour sauver ses sièges. De l'autre, le PG, qui n'est pas un parti d'élus, tente de préserver son autonomie vis-à-vis des socialistes avec, en vue, les ambitions présidentielles de son leader.

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon retient surtout le succès du Front de gauche, "une construction totalement nouvelle et originale" qui "perturbe" à ses yeux "tous les "calculs politiques" des partis traditionnels.

Gérard Bon, édité par Patrick Vignal

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