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Carte scolaire et mixité sociale: "Il n'y a pas de remède miracle"

Najat Vallaud-Belkacem veut plus de mixité sociale à l'école

Najat Vallaud-Belkacem veut plus de mixité sociale à l'école - GUILLAUME SOUVANT / AFP

Selon des informations du quotidien Libération, confirmées à RMC, Najat Vallaud-Belkacem annoncera début novembre une série inédite d’expérimentations dans une dizaine de départements. Objectif: réintroduire de la mixité sociale dans des établissements dits "collèges-ghettos". Une éventualité qui fait bondir les associations de parents d'élèves interrogées par RMC.

Najat Vallaud-Belkacem veut plus de mixité à l'école. C'est son nouveau plan de bataille. D'après des informations du quotidien Libération, confirmées à RMC, la ministre de l'Education nationale s'apprête à annoncer de nouvelles modifications de la carte scolaire, ciblées sur quelques départements. Concrètement, le projet est de redessiner la carte scolaire, en modifiant la "sectorisation". Si actuellement, l'établissement scolaire qui accueille votre enfant est déterminé en fonction de l'endroit où vous habitez, proximité oblige, cela devrait donc évoluer.

"Tous vos efforts anéantis"

Ce qui sera testé lors de cette expérimentation, c'est l'élargissement du secteur. Autrement dit, plusieurs collèges seront susceptibles d'accueillir votre enfant. L'Etat reprendrait alors la main, en affectant les élèves dans l'un ou l'autre des établissements, en tenant compte des origines sociales. Objectif: réintroduire de la mixité sociale dans certains collèges jugés "ghettoïsés", et qui accueillent environ 10% des élèves de troisième. Une opération qui risque d'être délicate à en juger les premières réactions.

Ainsi, pour Rodrigo Arenas, président de la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d'Elèves) de Seine-Saint-Denis, l'un des départements-test, l'idée risque de braquer les parents d'élèves: "Imaginez des parents qui ont choisi d'acheter un pavillon dans un centre-ville parce que les voisins vous ont dit que le collège est bon, que le lycée aussi, ce qui derrière permet à votre enfant de faire une grande école. Tout d'un coup, si on vous 'balance' (sic) dans un autre établissement, ce sont tous vos efforts qui sont anéantis".

"La mixité ne se décrète pas"

"Les parents seront donc soit dans l'évitement, c’est-à-dire qu'ils choisiront de déménager dans un autre secteur pour refaire de l'évitement scolaire, soit ils décideront de mettre leur enfant dans le privé, ce qui est de plus en plus le cas", estime-t-il encore. Valérie Marty, présidente de la PEEP, fédération de parents d'élèves, considère, quant à elle, que "la mixité ne se décrète pas": "Les collèges sont simplement le reflet de la mixité des quartiers dans lesquels ils sont implantés. Il n'y a pas de remède miracle à cela".

Et d'insister: "Il est très difficile de créer de la mixité dans des quartiers où il n'y en a pas beaucoup. On ne pourra avancer sur la question de la mixité des établissements scolaires que lorsque l'on avancera au niveau de la politique de la ville et de la mixité des quartiers. Sans cela, de toute manière, il n'y a pas de solution, de miracle à avoir".

Maxime Ricard avec Benjamin Smadja