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Catherine, fille de Jean Zay: "Le Panthéon apaise"

Jean Zay, assassiné par la Milice en 1944.

Jean Zay, assassiné par la Milice en 1944. - AFP

Mercredi, journée mondiale de la Résistance, quatre grandes figures de ce qui a constitué "l’esprit de résistance" en France vont faire leur entrée au Panthéon: Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Germaine Tillion ainsi que Jean Zay, dont RMC a rencontré les filles à Orléans.

"Aux Grands hommes la patrie reconnaissante". Mercredi, journée mondiale de la Résistance, quatre grandes figures de ce qui a constitué "l’esprit de résistance" en France vont faire leur entrée au Panthéon: Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Germaine Tillion ainsi que Jean Zay. Tel est le choix du président de la République François Hollande.

"C'est magnifique"

RMC a rencontré les filles de Jean Zay à Orléans. De son père, Catherine a hérité de l’amour pour la culture et la lecture. Un père qu'elle a perdu à l'âge de 7 ans.

"Papa, c'est un très beau mot, je l'ai dit toute petite mais après il est mort, confie-t-elle. J'y pense tous les jours surtout depuis l'annonce de la pathéonisation. Le Panthéon apaise. C'est pas un petit évènement, c'est magnifique."

Près de 71 ans après sa mort, l'héritage de Jean Zay n'a jamais été aussi vivant. Ministre de l'Education nationale avant la guerre, c'est lui qui a posé les jalons de ce qui deviendra l'école moderne. Et ça, François Hollande ne l'a pas oublié: "Jean Zay, c'est la République, l'école de la République. Il veut qu'elle soit à la hauteur des valeurs qu'elle proclame."

"C'est la reconnaissance du pays tout entier"

C'est aussi à Jean Zay que l'on doit la création du CNRS, de l'ENA, du Musée d'Art Moderne ou encore du Festival de Cannes. Alors pour sa fille cadette, Hélène, voir entrer son père au Panthéon, c'est bien plus qu'une fierté.

"C'est la reconnaissance du pays tout entier, s'enthousiasme-t-elle. D'autant que pour moi l'entrée au Panthéon, c'est le début d'une nouvelle connaissance de Jean Zay, de ce qu'il a fait. Il y a des jeunes qui apprennent et c'est formidable parce que c'est par eux que le souvenir vivra. Moi j'ai toujours été convaincue que mon père avait une place dans l'histoire de France"

Assassiné par la Milice en 1944, Jean Zay reposera désormais au Panthéon, dernière demeure des grands hommes de la nation.

"Il nous faut des héros dans une société"

Autre témoignage émouvant, recueilli mardi par RMC, celui de Sylvie Pierre-Brossolette, la petite fille de Pierre Brossolette:

"Ce Panthéon, dont j'ai rêvé toute ma vie pour mon grand-père, il sera enfin là, se réjouit-elle. Il nous faut des héros dans une société. Il faut pouvoir admirer, pas toujours dénigrer, se lamenter. Il avait écrit une très belle phrase à propos des combattants. Il disait: 'ces résistants, ce qu'ils demandent, ce n'est pas de les plaindre, mais de les continuer. Ce qu'ils attendent de nous, ce n'est pas un regret, c'est un serment. Ce n'est pas un sanglot, mais un élan'. Si on pouvait dire aux jeunes aujourd'hui: 'ne baissez-pas les bras, croyez en vos idées, engagez-vous, donnez un sens à votre vie'. C'est ce que mon grand-père a fait et ce qu'on essaye, plus modestement, de faire à sa suite".

A Paris, dès ce mardi, des hommages seront rendus à ces hommes et femmes, figures de l'histoire française.

C. P. avec Amélie Rosique