RMC

Centre d'hébergement dans le 16e à Paris: "Mon appartement sera invendable", se lamente une riveraine

-

- - AFP

Le Conseil de Paris doit se prononcer sur le projet de centre d'hébergement pour les sans-abri en bordure du bois de Boulogne. Mais dans le 16e arrondissement de Paris, l'idée passe mal. RMC est allée à la rencontre de ces riverains.

Cinq préfabriqués en bois pour 200 places d'hébergement. C'est le projet porté par la maire de Paris Anne Hidalgo. Ce centre d'hébergement, encadré par l'association Aurore, se situerait en bordure du bois de Boulogne dans le 16e arrondissement de la capitale. Et chez les habitants huppés de ce quartier chic, l'idée passe mal.

Catherine Faure-Dauphin, riveraine du quartier, balaie l'argument de la mixité sociale: "On les met au bord d'immeubles et d'habitations où les gens ont beaucoup, eux n'auront rien, est-ce que vraiment en pense qu'il va y avoir un échange et qu'ils vont pouvoir s'intégrer?"

Dévalorisation du patrimoine

Pour cette avocate, ce qui est surtout en jeu, c'est la dévalorisation du patrimoine: "Moi je suis propriétaire dans le quartier mon appartement est invendable. Sauf à le vendre le tiers ou le quart du prix, qui va acheter un appartement au prix du mètre carré que ça valait avant ce projet avec ce projet ici?" 

Le maire du 16e arrondissement, Claude Goasguen, est aussi opposé au projet: "Il est impossible de construire de manière pérenne ou provisoire à but de logements à l'intérieur du bois de Boulogne, la loi est formelle. Moi je veux bien les prendre ailleurs les SDF. J'ai manifesté très vite que j'étais solidaire avec les paroisses qui sont capables de faire des efforts. On trouvera des terrains, encore faut-il qu'on discute".

"Important que la solidarité s'exerce dans tous les quartiers de Paris"

Mais pour Ian Brossat, adjointe au maire de Paris Anne Hidalgo en charge de l'hébergement d'urgence, le problème est récurrent dans ce quartier de Paris: "Quand on veut faire de la solidarité, des centres d'hébergements, du logement social dans le 16e arrondissement il y a toujours des gens qui trouvent des prétextes pour s'y opposer. Moi je refuse qu'on laisse des gens crever dehors. Si on veut sortir de ça, si on veut sortir de ces larmes de crocodile que chacun verse à l'hiver parce que des SDF sont morts de froid, il faut faire de l'hébergement, y compris dans le 16e".

Même son de cloche du côté de l'association Aurore qui gèrera les logements: "Il est important que la solidarité s'exerce dans tous les quartiers de Paris et de la part de tous nos concitoyens", estime le directeur Eric Pliez. Pour rassurer et convaincre, l'association recevra ces riverains mécontents.

La rédaction avec Antoine Boyer