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Ces villes en état de catastrophe budgétaire: l’exemple de Sisteron

La ville de Sisteron subit de plein fouet les baisses de subvention de l'Etat

La ville de Sisteron subit de plein fouet les baisses de subvention de l'Etat - Wikimedia

REPORTAGE - Alors que les 36 000 communes de France souffrent de la baisse drastique des dotations de l'Etat, François Baroin le président de l'Association des maires de France rencontre ce jeudi Manuel Valls pour lui demander des mesures de soutien financier. En attendant, comme à Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence), la plupart des maires ont réduit leurs dépenses de 10%.

La baisse des dotations de l'Etat, un véritable cauchemar pour les maires de France. Alors que depuis deux ans, les villes ont subi une baisse de 3,5 milliards d'euros des aides d'Etat et au total, 6 milliards en moins sont programmés entre 2014 et 2017. Mais tout cela n'est pas sans conséquences. Ainsi, un rapport du Sénat estime, qu'en 2017, la moitié des communes françaises ne seront plus en mesure d'assumer leur dette. Mille d'entre elles sont déjà en situation d'alerte, selon l'Association des Maires de France (AMF).

"Un véritable cauchemar"

C’est notamment le cas, comme a pu le constater RMC, à Sisteron, dans les Alpes-de-Haute-Provence, où Jean-Christophe Grimaud, le directeur général des services de la ville en charge notamment du budget, parle de "véritable cauchemar". "Ça nous a fait perdre déjà deux millions d'euros en deux ans. On prévoit pour 2017 un manque à gagner de trois millions d'euros, soit 25% du budget de fonctionnement de la commune, assure-t-il. Si on devait couvrir ce trou, il faudrait augmenter les impôts de 40%. Mais quelle commune peut augmenter ces impôts de 40%? Aucune".

C'est pourquoi, ce jeudi, François Baroin, sénateur-maire (UMP) de Troyes et président de l'AMF, rencontre le Premier ministre, Manuel Valls, pour tenter de lui arracher des mesures de soutien financier. En attendant, pour éviter de passer dans le rouge et pour faire face à cette baisse des dotations, le maire divers droite de Sisteron, Daniel Spagnou, a décidé de ne pas augmenter les impôts mais de faire beaucoup de petites économies.

"Il n'y aura bientôt plus de football à Sisteron"

"On a demandé à tous les services de la mairie de faire des économies de 10%. On a baissé également les subventions communales de 10% et, dans certains services municipaux, on a mis moins d'heures d'ouverture", explique cet élu. Et de donner un exemple concret d'économie: "J'ai toujours eu, depuis 30 ans, un employé avec moi pour faire les mariages. A partir de maintenant, je les fais tout seul car je ne peux pas payer les heures supplémentaires à l'employé". Mais ces réductions d'investissements de la part de la ville a forcément des conséquences sur le terrain. Ainsi, une baisse de subvention de 10%, cela revient à 3 500 euros de moins pour le club de football de la ville.

Une somme euros que Jean Thunin, le président du club, devra forcément trouver ailleurs. "Et c'est chaque année la même chose, regrette-t-il. Mais si cela continue, je pense que beaucoup de clubs mettront la clé sous la porte. On va couler. On ne va pas y arriver. Cela va durer encore un ou deux ans, mais si ça continue à baisser, on est cuits. Il n'y aura plus de football à Sisteron". C'est pourquoi, afin que les économies soient un peu moins drastiques, les maires demandent à ce que les baisses de dotations de l’Etat soit échelonnées non plus jusqu’en 2017 mais jusqu'en 2020.

Maxime Ricard avec Lionel Dian