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Christian, parti combattre Daesh avec les Peshmerga: "Je préfère être acteur que spectateur"

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Ancien militaire, Christian a décidé de partir combattre Daesh en Irak avec les Peshmergas. Il témoignait ce mercredi matin dans "Bourdin Direct".

Après l'attentat à Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, Christian n'a pas hésité. Il a décidé de partir combattre l'Etat islamique auprès des Peshmergas, le surnom des combattants kurdes. "Ce qui m'a décidé à partir, c'est que je savais que ça n'allait pas s'arrêter, explique-t-il. J'ai des enfants, et je ne veux pas que tout ce que j'ai vu là-bas arrive en France".

Ancien militaire, Christian avait déjà des amis partis en Irak pour lutter contre Daesh. Il connaît déjà les réseaux à contacter, des réseaux qui "s'appuient sur des gens qui ont déjà de l'expérience". Après une enquête, il est accepté pour rejoindre l'Irak et combattre avec les Peshmergas.

Il prend 4 mois de congé sabbatique. Son patron trouve dans un premier temps sa démarche "bizarre": "je pense qu'il ne comprenait pas qu'un père de famille nombreuse puisse partir en Irak". "Quand je lui ai expliqué que justement je partais me battre pour mes enfants, il a compris", se souvient-il.

Christian met environ 3 semaines à rejoindre le front, un périple sans encombre. Par mesure de sécurité, il ne souhaite pas révéler où il était basé. De ses combats là-bas, il retient "des visions d'horreur" qu'il aura "jusqu'à la fin de ses jours". "On ne peut pas laisser faire ça. Lorsqu'à plusieurs centaines de mètres d'un village, vous sentez déjà des odeurs que vous aurez dans le nez à vie, vous savez ce qu'il s'est passé", raconte-t-il encore.

Daesh, "une armée en guenilles"

Il estime que la France devrait envoyer des troupes au sol combattre l'Etat islamique. "Les Peshmergas sont de très bons combattants mais ce ne sont pas des soldats. Il manque des soldats là-bas, juge-t-il. En face, c'est une armée en guenilles. Ils sont sous-équipés. Pour 1 type qui va tomber chez nous, ils vont en avoir 20 au tapis en face".

"Si l'Europe mettait des régiments d'élite en place, ça pourrait être réglé en trois semaines. Leurs grenades, ce sont des pétards artisanaux! Ce n'est pas une armée, ils ne sont pas inarretables!", s'insurge-t-il. Fustigeant l'inertie du gouvernement et les "pacifistes bien-pensants", Christian estime que le prolongement de l'état d'urgence voté ce mercredi est "un pansement sur une plaie ouverte".

Christian est rentré en France "moralement fatigué après quatre mois de "guerre de résistance". Est-il tenté de repartir? "Je ne peux pas parler d'envie de repartir, mais j'ai conscience de ce qui peut encore arriver et je préfère être acteur que spectateur".

Paulina Benavente avec Raphaëlle Duchemin