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Chroniques du "calvaire" d’une prof de banlieue

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- - Frank Perry - AFP

Invitée ce lundi de Jean-Jacques Bourdin, une prof d'un collège de banlieue parisienne a raconté ses difficultés à enseigner face à des élèves "qui rejettent l'école de manière extrêmement violente".

Elle a choisi de s'exprimer sous un nom d'emprunt, n'est pas syndiquée et cache son visage pour rester anonyme, et surtout, garder sa liberté de parole. Sophie Delcourt, qui enseigne l’histoire-géographie dans un collège de banlieue parisienne, va faire sa rentrée ce lundi comme 900.000 autres profs, 24 heures avant de retrouver ses élèves. A 29 ans, c'est sa deuxième rentrée. L'an dernier, le choc avait été tel qu'elle a souhaité tirer la sonnette d'alarme et témoigner de la difficulté d'enseigner dans un collège défavorisé à travers un livre et qui vient d'être publié : Jours de collège (édition Bartillat), qui se lit comme une chronique "du calvaire" d'un prof de banlieue parisienne.

"Des élèves qui rejettent l'école"

"Je me suis retrouvée face à des élèves de 11 à 14 ans qui rejettent l'école de manière extrêmement violente, qui rejettent les codes du comportement en société, raconte-t-elle chez Jean-Jacques Bourdin. Le cours est en fait impossible à dispenser dans ces conditions-là. Le problème, ce n'est pas le cours, mais le rapport à l'école lui-même. Ce n'est pas tous les élèves, mais c'est une forte proportion".

"Un lieu de ségrégation sociale extrêmement violente"

"Je reconnais mes erreurs et ma naïveté, mais vous vous battez en permanence pour aider des élèves qui se battent contre vous parce qu'ils ont l'impression que vous êtes leur ennemi, poursuit-elle. Ce malentendu est tragique".

L'école en banlieue ? "C'est un lieu de ségrégation sociale extrêmement violente, de mixité sociale inexistante, et de mixité ethnique quasi-inexistante". Malgré cela, malgré les insultes et les difficultés, Sophie l'assure en cette rentrée : "Je suis presque impatiente de retourner enseigner".

Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin