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Classes de seconde surchargées: "Les élèves sont noyés"

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Depuis le début de la nouvelle année scolaire, des problèmes de classes de seconde surchargées ont été constatés. Reportage dans un lycée de l'Essonne.

Ça ne fait que deux semaines que les élèves sont rentrés en classe et déjà les premiers problèmes se posent. Principal point de friction : les classes de seconde débordent. 35, 36 parfois même 37 élèves par classe, et une situation qui devient vite ingérable pour les professeurs.

Cette pression est la conséquence directe du baby-boom de l'an 2000. Tous ces enfants ont maintenant 15 ans et rentrent au lycée. Au lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge dans l'Essonne, cette surcharge des classes pose problème.

Sandrine Boiteau est professeur d'histoire-géographie. Elle doit gérer des classes de 35 ou 36 élèves, ce qui rend impossible pour elle de mettre en place les programmes pourtant préconisés par le ministère de l'Education.

"On nous demande de plus en plus d’utiliser les nouvelles technologies, de faire des recherches sur Internet, mais à 35, c’est impossible. On peut avoir un classe très calmée en apparence mais où des élèves en difficultés sont noyés dans la masse, on n’a pas le temps de s’en occuper. Cela nécessiterait des effectifs plus réduits pour faire des travaux de groupe, des travaux en autonomie sur ordinateur."

"Le verrou a sauté"

"Les élèves sont noyés dans la classe", se désole une autre enseignante. Si on les met à travailler par deux ou trois, cela fait un bruit incroyable, 35 élèves, c’était un plafond, et le verrou a sauté. Jusqu’où va-t-on aller ?"

Signe que le sujet est vraiment sérieux: les élèves aussi sont inquiets. Johanna et Manon, en seconde toutes les deux, sont contentes d'avoir tous leurs amis dans leur classe. Mais elles conviennent qu’à 35 élèves, les cours risquent d’être difficiles.

"Si tu ne participes pas dans l’année, c’est -chaud- quand même", souffle l’une. "On ne peut pas vraiment demander aux profs, du coup on s’entraide les uns les autres", constate l’autre.

"Il faut se poser la question des conditions d'accueil"

Cette situation n'est pas propre au lycée Corot. Valéry Marty, la présidente de la PEEP, la Fédération des parents d'élèves du public souhaite donc alerter l'éducation nationale.

"Il faut se poser la question des conditions d’accueil. Forcément, cela interroge les parents, et vont peut-être inscrire leurs enfants dans un autre d’établissements."

Pourtant au ministère de l'Education nationale, on assure que la vague démographique a été anticipée... et que les 35.500 nouveaux élèves en lycée trouveront tous une place sans gonfler les effectifs. Le ministère rappelle également que les professeurs qui donnent plus de 6h de cours par semaine à des classes de plus de 36 heures toucheront une indemnité de 1250€ cette année.

Charlotte Peyronnet