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Comment le Parc du Mercantour va être un peu plus près des étoiles

Le parc est candidat pour devenir la troisième réserve internationale de ciel étoilé de France.

Le parc national du Mercantour, qui accueille quelque 400.000 visiteurs par an, est candidat depuis lundi pour devenir la troisième réserve internationale de ciel étoilé de France, un label qui viendrait couronner les efforts de 75 communes pour réduire l'éclairage public au profit de l'observation des étoiles et de la préservation des chauves-souris. 

"C'est un dossier qui va être déposé ces jours-ci auprès de l'International Dark Sky Association (IDA), une association américaine qui reconnaît les sites qui font des efforts pour diminuer la pollution lumineuse. Réponse dans un mois", a précisé Charles-Ange Ginesy, président du département des Alpes-Maritimes et du parc. 

Terre d'astronomie avec son observatoire construit fin XIXe au-dessus de Nice, la Côte d'Azur et son arrière-pays ont cédé à partir des années 1960-70 à la mode de l'éclairage public à tout va.

Citant sa commune de montagne en exemple, il explique avoir réduit la pollution lumineuse de 50% en éteignant après certaines heures et en remplaçant les lampes au sodium par des LED. Un investissement payant pour la facture d'électricité, réduite de 30%, mais aussi pour la biodiversité: "On a une chapelle du XIIe siècle, Notre-Dame de Buyei où nidifiait une colonie de chauves-souris. En l'espace de deux ans, sa population a doublé", dit-il.

D'autres voies existent pour améliorer l'éclairage public, avec des aides du département à la clé: s'abstenir d'orienter les lampes vers le ciel, les abaisser à trois ou quatre mètres du sol en zones piétonnes, au lieu de 15 à 20 mètres de haut, ou bannir des lumières trop chaudes à certains endroits, ou trop blanches à d'autres, ces dernières sont justement celles qui font fuir les chauves-souris.

La candidature du Mercantour auprès de l'IDA est soutenue par le parc régional des Préalpes d'Azur. En France, le Pic du midi (2013) et les Cévennes (2018) sont déjà labellisés.

Matthieu Rouault avec AFP