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Conditions plus strictes pour les détenus radicalisés: "ce sont des mesurettes"

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Une semaine après la violente agression de deux surveillants de prison à Osny dans la Val-d'Oise, le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas a annoncé vouloir durcir "immédiatement" les conditions de détention de certains détenus radicalisés.

Le garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas veut des mesures "immédiates", une semaine après l'agression violente de deux surveillants dans la prison d'Osny, au sein d'une unité dédiée. Le ministre veut faire "modifier immédiatement le régime de détention des cinq unités de prévention de la radicalisation" expérimentées en France dans les prisons de Lille-Annoeullin, Fleury-Mérogis, Fresnes et Osny, qui regroupent 89 personnes, a-t-il déclaré dans un entretien au Journal du dimanche.

Pour Jean-François Forget, secrétaire général de l’UFAP, premier syndicat de surveillants de prison, c'est un effet d'annonce qui ne s'attaque pas au cœur de la question carcérale: "Ce sont pour nous des mesurettes. On demande à Jean-Jacques Urvoas de nous expliquer comment il va faire à Fleury, Fresnes ou Osny pour étanchéiser physiquement la prise en charge de ces détenus là avec les autres détenus. Ça me parait impossible parce qu'ils arriveront toujours à échanger, au moins verbalement, ou avec d'autres dispositifs à l'intérieur ou à l'extérieur de la prison".

"C'est suicidaire"

Emmanuel Gauthrin, secrétaire général du syndicat FO pénitentiaire, de son côté, demande la fermeture pure et simple des unités dédiées: "Le ministre annonce des mesures concernant la sécurité dans les unités dédies. Nous, nous disons que c'est suicidaire. On demande la fermeture des unités dédiées au sein des établissements pénitentiaires. On a vu les limites de ces unités dédiées, et aujourd'hui le gouvernement doit réagir très fermement et créer des établissements spécifiques avec des effectifs réduits -100 à 200 détenus radicaux- avec des moyens logistiques et techniques et des personnels aguerris pour garder ce genre d'individu".

P.B. avec Marion Dubreuil