RMC

Construction de l'A45: "Toute notre exploitation va être coupée en deux"

-

- - AFP

Le projet de l'A45, qui doit relier Lyon à Saint-Etienne ressurgi. Il était en sommeil depuis 1993, mais le Conseil régional a débloqué une enveloppe de 1,2 milliard. Les opposants à l'A45 entendent bien bloquer ce projet.

Le projet de l'A45 fait grincer des dents des centaines d'agriculteurs dans la région lyonnaise. Cette autoroute qui doit relier Lyon à Saint-Etienne, doublon de l'A47 déjà existante doit permettre de désengorger cette dernière, trop souvent empruntée par les automobilistes.

Le projet ne date pas d'hier puisqu'il est arrivé sur la table du Conseil régional de Rhône-Alpes en 1993. Depuis, il était resté lettre morte, malgré sa qualification d'utilité publique en 2008. Mais au début de l'été les choses se sont accélérées. Le Conseil Régional Auvergne- Rhône Alpes, le conseil départemental ainsi que Saint-Etienne Métropole ont en effet voté une participation financière au projet, pour une enveloppe totale d'1,2 milliard d'euros.

5 euros pour emprunter l'A45

La construction routière va s'étendre sur 45 kilomètres et les automobilistes devront débourser 5 euros pour l'emprunter, alors que l'actuelle A47 est gratuite. Mais elle va surtout passer par des centaines d'hectares agricoles. Ce dimanche, une grande fête citoyenne est organisée dans une ferme de Mornant à l'initiative de plusieurs agriculteurs du Rhône et de la Loire.

Jérôme et son frère gèrent une exploitation de vaches laitières, en plein sur le tracé de la future autoroute. Une catastrophe pour les agriculteurs: "Toute notre exploitation va être coupée en deux. Pour le pâturage des vaches, ça va être très compliqué, pour les cultures aussi, ça va être compliqué de produire du fourrage correctement.

Jérôme croyait le projet enterré: "Moi quand ça a été voté, ça a été un coup de massue. Ca fait 25 ans que le projet est dans les clous et on ne pensait pas qu'un jour ce soit voté tellement le projet est fou et destructeur".

"On engagera une résistance"

Avec ce rassemblement citoyen, Jérôme espère faire bouger les choses et engendrer une grande vague de mobilisation dans la région: "C'est sûr que si ça n'évolue pas on engagera une résistance un peu plus citoyenne, un peu plus dure pour montrer qu'on défend notre territoire et qu'on ne veut pas qu'une autoroute passe chez nous".

Karima Delli eurodéputée EELV entend bien soutenir les opposants au projet: "Notre monde ne peut pas se résumer à toujours construire des autoroutes. Aujourd'hui les transports sont la deuxième cause la plus grave du réchauffement climatique donc je dis à M. Wauquiez qu'il ne faut pas confondre progrès et performance. Le progrès, ce n'est surement pas de refaire une autoroute, le progrès, c'est l'amélioration de la qualité de vie des gens".

Les travaux doivent débuter en 2018 et dureront 4 ans.

P.B. avec Léa Zacharie