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Contrat du siècle de DCNS: Si l'on a du boulot et que l'on licencie, ce n'est pas logique

Le groupe français DCNS a remporté mardi face à ses concurrents allemand et japonais un méga-contrat estimé à 34 milliards d'euros en vue de la construction de la prochaine génération de sous-marins australiens. Suite à ce contrat, Pascal Feuardent, délégué syndical central CFDT-DCNS, demande "l'arrêt du plan de suppression de postes".

Le groupe français DCNS a remporté ce mardi le "contrat du siècle": 34 milliards d'euros pour la construction et la maintenance de 12 sous-marins australiens. DCNS, spécialiste du naval de défense, est détenu par l'Etat français (64% des parts) et par l'entreprise électronique Thalès (35%). Il emploie au total 13.000 personnes à travers le monde, dont 2.300 pour la seule ville de Cherbourg (Manche), où se trouve l'arsenal DCNS et où 120 postes se trouvent menacés suite à un plan de sauvegarde de l'emploi. Au total, 1.000 emplois sont menacés sur les 13 000.

C'est pourquoi après la signature du "contrat du siècle", la CFDT, la CGT et l'Unsa ont demandé à DCNS de "revoir" sa copie en matière d'emploi. "C'est un très beau contrat pour DCNS et pour tous les salariés", admet ce mercredi dans Bourdin Direct Pascal Feuardent, délégué syndical central CFDT-DCNS. "Mais, ajoute-t-il, un plan de sauvegarde est en cours. Ce qui veut dire suppressions de postes dans les fonctions de soutien". Une situation loin de plaire au syndicaliste: "Nous demandons l'arrêt de ce plan de suppression de postes".

"Il faut absolument que l'on se penche sur la question du recrutement"

"On a signé en début d'année un accord de compétitivité emploi qui prévoit une clause de revoyure en cas de signature d'un contrat majeur, rappelle Pascal Feuardent. A ce moment-là, nous avions défini une politique de recrutement sur trois ans. On demande donc à ce que cette clause soit active très rapidement parce qu'il faut absolument que l'on se penche sur la question du recrutement". Si ce contrat à 34 milliards d'euros donne le soutire aux salariés pourtant aucune embauche n'est prévue.

Joël, soudeur chez DCNS, espère qu'avec méga-contrat la direction va revoir ses plans: "Si on a du boulot et que l'on licencie, ce n'est pas logique. Il y a quand même douze sous-marins à construire, c'est une charge de travail énorme. Ce serait donc bien de garder les gens que l'on devait licencier". A noter que le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a estimé mardi que le contrat entraînera la création de "milliers d'emplois" en France. L'ordre de grandeur est "probablement de 3.000 à 4.000 emplois" pérennisés en France, a-t-on précisé dans son entourage.

M.R