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Contrôle des allocataires du RSA: "Tout le monde est soupçonné de fraude, c'est inadmissible"

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Les départements de l'Eure, du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et des Alpes Maritimes examinent de près les relevés bancaires de certains citoyens bénéficiaires du RSA. Une mesure qui fait polémique chez les allocataires.

Les allocataires du RSA de l'Eure, du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et des Alpes-Maritimes sont sous contrôle. Dans le Bas-Rhin, les contrôles des allocataires du RSA, en vigueur depuis 3 ans, sont très fréquents.

Mais la mesure fait polémique parmi les allocataires, puisqu'il est demandé dans les courriers envoyés aux allocataires de fournir la copie du livret de famille, les avis d'imposition et les derniers relevés bancaires.

Arthur ne s'attendait pas à recevoir ce courrier dans sa boite aux lettres, mais il y a 3 mois le département du Bas-Rhin lui a demandé de fournir l'ensemble de ses relevés bancaires depuis 2014, et il aurait préféré s'en passer: "Même si je n'ai rien à cacher, il y a des choses que je ne veux pas forcément qu'ils voient. C'est ma vie privée. Le RSA me permet de survivre, donc je vais être obligé de m'y plier sinon plus d'argent. Je peux comprendre qu'ils essaient de trouver les fraudeurs mais il doit bien y avoir une autre solution".

"Une pression inadmissible"

Un avis que partage Marc Desplats, président de l'association bas-rhinoise des chômeurs ABCDE: "Tout le monde est soupçonné de fraude et n'importe quel allocataire. N'importe quel allocataire, on considère que c'est un fraudeur. C'est une pression inadmissible et une façon inadmissible de considérer les personnes" Mais de son côté le département du Bas-Rhin se défend prétendant agir en toute légalité.

Fréderic Bierry président du département, estime que la démarche était nécessaire: "Nos concitoyens veulent bien payer de l'impôt pour aider les gens démunis mais ils veulent s'assurer aussi que cet argent aille bien dans la poche de ceux qui en ont besoin et pas de ceux qui abusent du système. C'est pour cela que nous avons fait le choix d'avoir aussi une démarche de contrôle qui nous a démontré que c'était nécessaire".

Sur 28.000 allocataires du RSA dans le Bas-Rhin, le département a trouvé 1.000 dossiers irrecevables. Jacques Toubon, le défenseur des droits, a ouvert une enquête pour se prononcer sur la légalité de ces contrôles.