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Coopérative des Atelières: la fin d'un symbole du made in France?

Une employée des Atelières, à Villeurbanne.

Une employée des Atelières, à Villeurbanne. - Jeff Pachoud - AFP

Le tribunal de commerce de Lyon va décider ce mardi du sort de la coopérative des "Atelières", composée notamment d'ex-ouvrières de Lejaby. La coopérative, créée en 2012, emploie une trentaine de salariés qui confectionnent de la lingerie haut de gamme 100% française.

C'est peut-être la fin d'une belle aventure pour l'un des symboles du made In France. Les Atelières, la coopérative des ex-ouvrières de Lejaby, a déclaré lundi être en cessation de paiement depuis le 5 février dernier. Ce mardi matin, le tribunal de commerce de Lyon va sceller leur sort et décider ou non de placer leur coopérative, créée il y a deux ans à Villeurbanne, en liquidation judiciaire.

La coopérative, qui compte une trentaine de salariés, a enchaîné les coups durs : impayés de clients russes après la crise du rouble, réticence des banques à prêter de l'argent, baisse des commandes... tous ces déboires ont eu raison de cette initiative qui avait pourtant fait le pari de relancer une industrie textile made in France, soutenu à l'époque par Arnaud Montebourg.

"On a l'impression que ça s'effondre quoi qu'on fasse"

RMC s'est rendue dans le petit atelier de la banlieue lyonnaise, où les machines à coudre continuent de tourner. Jusqu'au bout, Amandine Bardy et ses collègues travaillent sur leur collection de soutien-gorge et de sous-vêtements, mais avec un goût d'inachevé. "On a un sentiment de tristesse, parce qu'on a essayé de tout donner, de jour en jour, de mois en mois, déplore la couturière. On est triste parce qu'on a l'impression que ça s'effondre quoi qu'on fasse. On a une boule au ventre, car on n'a pas envie de perdre tout ça".

De son côté, Muriel Pernin s'exprime avec une pointe d'amertume. La fondatrice des Atelières s'attendait à un juste retour des choses de la part des banques et de l'État. "Oui l'État m'a aidé. Mais je dis aussi qu'en faisant travailler pendant 25 mois 30 personnes, j'ai davantage apporté à l'État que l'État ne m'a apporté puisque c'est autant d'indemnités chômage qu'il n'a pas eu à verser".

"Les Français ont admis que leurs vêtements étaient étrangers"

Selon Muriel Pernin, ces difficultés mettent surtout en lumière la crise majeure qui touche le textile made in France: "Les investisseurs français, et les Français eux-mêmes, ont admis aujourd'hui que leurs vêtements et leur lingerie étaient réalisés à l'étranger. J'espère que cela pourra s'inverser". "Ce qui est sûr c'est qu'aujourd'hui un fabricant de produits de haut savoir-faire intéresse davantage un investisseur étranger qu'un investisseur français", regrette-t-elle.
Les Atelières espèrent désormais que des repreneurs se manifestent pour faire repartir leur entreprise.

Philippe Gril avec Gwenaël Windrestin