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Copé en fait-il trop ?

« Le Parti pris » d'Hervé Gattegno, c'est tous les matins à 7h50 sur RMC du lundi au vendredi.

« Le Parti pris » d'Hervé Gattegno, c'est tous les matins à 7h50 sur RMC du lundi au vendredi. - -

Il faut au moins reconnaître une force à Jean-François Copé : son omniprésence - qui est d'ailleurs une qualité très sarkoziste. Il avait promis de réveiller l'UMP ; le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il sonne du clairon...

Jean-François Copé est à la tête du parti depuis à peine plus de deux mois et on a déjà l'impression qu'il a taillé le poste à sa mesure.
Le problème, c'est que le tourbillon qu'il s'efforce de provoquer en permanence, il ne donne pas seulement le tournis à ses adversaires, mais à toute l'UMP - parce que Jean-François Copé est quelqu'un d'assez "clivant", comme on dit, c'est-à-dire qu'il a tendance à susciter les antagonismes plutôt qu'à les apaiser. C'est un autre trait commun avec Nicolas Sarkozy - mais plutôt un défaut.

Sa rivalité avec François Fillon s'étale au grand jour

Le président va essayer d'être le plus présidentiel possible - donc, se montrer moins. Le Premier ministre va supporter le poids des mesures d'économies. Et Copé, lui, est payé pour agiter l'opinion, lancer des idées, occuper le terrain. Des trois, c'est lui qui a le rôle qui lui convient le mieux. C'est la technique d'Alastair Campbell, le fameux conseiller-gourou de Tony Blair : "Faire la météo". Pour ne pas être condamné à réagir aux événements, il faut les provoquer soi-même. Donc, quand Copé propose la TVA sociale, l'examen d'entrée en sixième, l'abolition des 35 heures, ou même - rappelez-vous - la taxation des indemnités pour les accidents du travail, il ouvre des fronts. Et il installe l'idée que le débat politique tourne autour de ses propositions.

Comment définir le corpus idéologique de Jean-François Copé ? Ce n'est pas évident. Il n'est ni centriste, ni radical, ni colbertiste, ni vraiment gaulliste. Disons qu'il est plutôt libéral en économie, assez dur sur les questions de sécurité, avec une vision de l'Europe focalisée sur l'axe franco-allemand. Il s'est opposé à l'Élysée sur la question de la nomination du président de France Télévisions et il a pris la majorité de vitesse sur l'interdiction de la burqa. Il a aussi rédigé une proposition de loi pour la parité hommes-femmes dans les conseils d'administration, ce qui prouve qu'il sait être moderne. Bref, dans le style comme dans les idées, il est assez sarkoziste. Il lui manque sans doute un peu d'humanité et quelques cicatrices. S'il continue à ce rythme, ça aussi, il devrait l'acquérir très vite.

Copé en fait-il trop ?

Hervé Gattegno