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Couverture santé pour l'ensemble des salariés: "Il y a une complexité dans la mise en œuvre"

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À deux semaines de l'obligation légale de proposer une couverture collective aux salariés, les entreprises sont-elles dans les clous?

Le 1er janvier 2016, ça sera obligatoire. Les entreprises devront proposer une couverture santé (assurance, mutuelle ou institution de prévoyance) à l'ensemble de leurs salariés en vertu de l'accord national interprofessionnel (ANI) de 2013. Une mesure qu'elles financeront au minimum à hauteur de 50%.

RMC s'est rendue dans une PME de 110 salariés à Meaux, en Seine-et-Marne. La direction a pu trouver une mutuelle aux salariés, mais ça n'a pas été de tout repos.

"C'est intéressant", commente Igor commercial dans cette entreprise, et qui à 31 ans, n'a jamais bénéficié de mutuelle. "Pour les médecins spécialisés, ou pour une paire de lunettes, quand on voit le prix que la Sécurité sociale vous rembourse…heureusement que les mutuelles sont là."

Mais si Igor a le sourire, sa patronne rit un peu moins. Carine Rouvier a mis des semaines avant de trouver une mutuelle pour ses salariés. Pour trouver le meilleur tarif, elle a comparé 3 sociétés d'assurance. "Cela prend du temps, chacune à ses petits critères. C'est beaucoup d'échanges avec les assureurs et beaucoup de paperasse."

"C'est un outil d'attractivité"

Entre 30 et 40% des PME et TPE n'auraient toujours pas mis en place leur complémentaire santé. Une obligation qui pourra être soumise à contrôle et à redressement avec des recours aux prud'hommes par des salariés non couverts. Comment expliquer ce retard ? "Il y a une complexité dans la mise en œuvre", affirme Mickael Zenèvre, président de la CGPME Vosges et Lorraine et vice-président de la CGMPE en charge de la commission complémentaire santé.

"Un salarié va voir son dirigeant en lui disant : 'j'ai déjà une mutuelle comme je fais?' ou 'Je veux couvrir mon conjoint: comment je fais?' Mais le chef d'entreprise n'est pas le spécialiste de la complémentaire santé. Ce n'est pas le prix. Cette couverture minimum est chiffrée entre 20 et 30€, pris en charge à 50% par les entreprises et le reste par les salariés."

"C'est quelque chose qui est exonéré de charges, c'est un outil d'attractivité", poursuit-il. "Je pense que les entreprises françaises seront dans les clous d'ici fin mars au plus tard."

Selon un récent sondage, 10% des entreprises ne seront pas au rendez-vous, le 1er janvier 2016.

Benjamin Smadja et Romain Poisot